‹ L'homme de la Forêt Noire [microforme]Chapitre 11 sur 64 · FRANTZ, PÉTERS, VEHM#@W@IS, BOHÉMIENS · texte numérisé non relu

FRANTZ, PÉTERS, VEHM#@W@IS, BOHÉMIENS

Pérers.—Mon papa, vous voyez une troupe de bohémiens que je viens de rencontrer à l'entrée du village.

FRANTz.—Des bohémiens !

Pérers.—Et des bohémiens pur farces, pur farces !… Ah ! qu’ils sont drôles ! Je leur aï dit que nous avions une fête à donner et ils ont demandé à y venir, je leur ai permis et les v'là.

FRANTzZ.—Tu as bien fait; ils nous aideron à célébrer l’arrivée du prince.

Pérers.—Ils vous diront votre bonne aventure. Chemin faisant ils m'ont tiré mon horoscope ; ils m'ont dit que je serai heureux dan mon ménage et que j'aurai tout ce qu’il fau pour ça. Ils ont trouvé aussi que j'étais poltro et nigaud ; c'était la faute de la... commen dites-vous ça ?

Ux BoHËMIEN.—Phrénologie.

PéÉrers. — Ah! oui, c'était la faute de 1 phornologie.

Le BoHÉMIEN.—$i monsieur le désire, nou lui donnerons un échantillon de nos talents.

FRANTz.—Non, mes amis, le temps presse Le duc ne tardera point à paraître ; ne négli

AD

geons rien pour le fêter dignement,et prouvons-

fi qu’un souverain qui fait sa principale étude du bonheur de son peuple trouve toujours sa récompense dans son amour.

Pérers.—C’est ça, papa, c’est ça. Vous venez de dire ça comme un ange et je parie que le magister qu’est une bête, n’en dirait pas autant. En vérité, c’est pas pour vous flatter, mais vous avez plus d'esprit dans votre personne que le magister dans son petit doigt, et vous avez raison de les faire dépêcher, car ils m'ont promis de me faire voir des choses superflues.

FRANTz.—J'’en suis enchanté, mais tu ne les verras pas. Il faut aller reconduire ton grandère qui veut absolument s’en retourner chez ui.

Pérers.—Reconduire mon grand-père ! avec ui ?

; FRANTz.

seul ?

Pérers.—Seul ! ah ! ça, mon père, vous n’y ensez pas ; sa maison est au beau milieu de la orêt Noire.

FRanTz.—Eh ! bien, Péters, tu traverseras la orêt Noire.

Pérers.—Qu'est que vous dites donc, papa ?

éters traversera la Forêt Noire: du tout, éters est bien là et Péters y reste, parce que éters n’a point envie de...

FRanTz.—Voudrais-tu me désobéir ?

| Péters.—Non, papa, maïs écoutez donc, je ai qu'à rencontrer l’homme de la Forêt oire.

FRaANTz.—Que veux-tu qu’il te fasse ?

Pérens.—Je ne veux pas qu'il me fasse rien, .

Parbleu, tu ne peux pas y aller

et si je le vois, je suis capable de mourir de peur.

FRANTz.—Poltron |

Pérers.—Ça vous est bien aisé à dire; il n’en est pas moins vrai que je tremble, rien que d’y penser, depuis ce jour où je l’ai rencontré... Je ne vous ai pas raconté ça, à vous autres.

' FRanrz.—Tu le leur as conté au moins vingt ois.

Pérers.—C'est égal, ça fera vingt-et-une. Il estdes choses qu’on ne se lasse pas d'entendre, etma conversation est du nombre. D'ailleurs, messieurs les bohémiens ne connaissent pas mon aventure; ça leur fera plaisir, n’est-ce pas ?

Tous LES BoHÉMIENS. — Beaucoup! beaucoup!

FRANTzZ.—Tu m'impatientes; je vais cher-.

cher mon père! (Il entre dans la maison.)

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