A APT
LÉ
Loue
Tous Les ViLLAGEoIS.—C’est Péters |
FRANTz.—C'est mon fils.
PÉTERs.—Ah! ah! ah! la! mon père! Ah!
monseigneur ! Ah! tout le monde!
RaGorzr.—Allons, qu'est-ce qu’il a encore, ce grand imbécile-là ?
FRanTz.—Que t’est-1il arrivé ?
PéTers. — Un accident terrible! j'ai vu.
l’homme |
FRrANTz.—Quel homme ?
Pérers.—Ah! quel homme! l’homme de la Forêt Noire! ils étaient au moins cinquante.
RaGorzi.—Cinquante !
Pérers.—Oh! au moins! je n’en ai vu que deux cependant; ils voulaient me prendre à l’improviste ; ils se glissaient doucement et à pee de loup le long des buissons et des taillis ;
es voyez-vous, comme ça ? Ah ! Dieu ! quel sou, venir! [Il me glace le sang ! (Zci Gérald et Zimmeraff paraissent sur le dernier plan de la forêt qui est.en cet endroit extrêmement touffue, ils disparaissent par l'avenue derrière le château.)
HERMANN.—T'ont-ils attaqué ?
PéTers.—Je crois ben qu’ils m’ont attaqué!
ils voulaient me dépouiller, rien que ça; heureusement que le Ciel m'a fait présent d’une paire de jambes solides, je cours comme une SE quand j'ai peur ; je me suis enfui, et me v'là.
HERMANN.—Je vous l'ai dit, seigneur, c’est un rassemblement de brigands dont il faut purger la terre, avant qu’il ne soit assez considérable pour porter le trouble et la désolation dans cette province ; ce qui doit à mon avis les rendre extrêmement dangereux, c’est qu'ils
semblent chercher à se faire des partisans. Ils | épargnent les villageois, et ils égorgent sans pitié les hommes attachés aux service deVotre : Altesse, ou à celui des personnes qui vous entourent. Ce ne sont donc point des voleurs de | grands chemins, maïs des rebelles qui, soudoyés par quelques ennemis secrets, ont l’in- | tention de détruire le repos de vos sujets et | peut-être d’attenter à votre vie.
‘AuGusre.—Oh ! mon père !
} L’ErecrTeur.—Vous avez raison, Hermann; | avant la fin du jour, ils auront cessé d’exister. : Disposez tout pour notre départ.
} AuGusre.—Quoi ! mon père, vous allez ex- | poser ainsi vos jours ?
L’'Erecreur.— Sois tranquille, Auguste, le danger n’est pas assez imminent pour t'inspirer aucune crainte. Mais quand le repos, quand le | bonheur de mon peuple sont menacés je dois
voler à sa défense. Le premier devoir d’un père est de protéger ses enfants.
: AuGusTEe.—Eh ! bien, je pars avec vous.
. L’'Erecreur.—Non, tu resteras au château, | Ragotzi veillera sur toi.
AvuGusre.—$Seigneur !.… L'Erscreur.—dJe l'exige.
AuGusTE.—Jules, veillez bien sur mon père!
JULES.—Fiez-vous à mon zèle, seigneur : trop heureux d’avoir pu conserver déjà des jours aussi précieux, je saurai les défendre au péril de ma vie. Je jure de ne point quitter le prince et de remettre en son pouvoir le chef de ces malheureux.
HERMANN (à part).—Si c’est Zimmeraff, n’é-
pargnons rien pour qu’il tombe en mon pou-