‹ L'homme de la Forêt Noire [microforme]Chapitre 32 sur 64 · AUGUSTE, JULES · texte numérisé non relu

AUGUSTE, JULES

| AuqusTE.—Nous sommes seuls, Jules, vous he devez la confidence entière des malheurs Qui vous accablent. Parlez, que craignez-vous ? Auriez-vous des doutes sur mon estime ?

| Jues. — Non, seigneur! Ma plus grande onsolation dans mon infortune, c’est de posséder votre affection.

2 AuGusre.—Quel est donc ce mystère ?

à Jures.—Nous sommes séparés pour jamais.

| AUGUSTE.—Séparés !

! Jures.—Ma naissance est un obstacle insur- Emontable..

! AUGUSTE. — Eh! qu'importe l'obscurité de votre origine ! Ce sont vos qualités seules qui m'ont attaché à vous.

JuLes.—Mais votre père !...

à AUGUSTE.—Comment mon père oserait-il me 'blâmer d’être votre ami? Celui que j’estime lui a sauvé la vie. La sûreté de ce pays, le | bonheur de ces peuples, mon père vous doit tout ; et j’ai l’orgueil de penser assez bien de

moi pour croire que ma reconnaissance sert digne de vos mérites.

ULES.—Hélas ! seigneur, c’est cette mêm obscurité qui avilissait ma naissance que vous me voyez regretter en ce moment. Le sort qui ne cesse de me poursuivre, ne m'a fait con:

naître que je devais la vie à des parents illustres que pour m’apprendre que je suis né l’en. nemi de votre maison. Oui, seigneur, Frantz, que je croyais l’auteur de mes jours, ne fut que Je dépositaire de mon enfance. Je dois la vie à un omme qui fut longtemps l'ami de votre père, l’idole de ce pays; mais accusé par ses ennemis près de l'électeur, ce prince, abusé, proscrivit sa tête et lui jura une haïne éternelle.

AUGUSTE.—Grand Dieu ! et quel est le nom de votre père ?

JuLes.—Permettez-moi de vous le taire encore; bientôt je pourrai vous l’apprendre.….

Pardonnez…

AUGUSTE, — J ules, si je voulais connaître votre secret, ce n’était que dans le désir de vous être utile. Croyez, mon ami, que si les larmes et les prières d’Auguste ont quelque empire sur le cœur de son père, vous pouvez tout espérer.

JULES.—Oui, l'assurance de votre protection fait renaître l'espoir dans mon âme; jamais je ne puis être malheureux tant que je posséderai votre amitié.

Péters.—V’là du monde! v’là du monde!

L’électeur, le comte Hermann... toute la chasse.

JuLES ET AuGusre.—Oh ! Ciel!

PL | 2e SCÈNE XI.

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