‹ L'homme de la Forêt Noire [microforme]Chapitre 55 sur 64 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

RAGOTZI, PÉTERS,.

Pérers.—Monsieur Ragotzi, vous avez fait une bêtise.

RaGorzr.—Hein !

Pérers.—Non, non, je veux dire que vous vous êtes trompé!

‘Racorzr (à part).—Il l’a remarqué!

Pérers.—Vous vous êtes trompé de prison.

RaGorzi.—Tu ne sais pas ce que tu dis.

: PÉTERS.—Pardonnez; celui qui était à droite vous l’avez enfermé à gauche, et celui.

RaGorzi.—C'est faux.

PéTers.-—C'est très vrai, je '’ai peut-être bien vu.

RaGorzi.—Je te dis que c’est faux, entendstu ?

PérTers.—Je me tais puisque vous le voulez, mais vous verrez que vous serez compromis.

RaGorzI.—Au fait, tu m'as dit que tu voulais me | sans témoins ; à présent, je t’écoute.

Pérers.—Monsieur Ragotzi, je viens vous demander ma liberté.

RaGorzi.—Ta liberté ?

PÉTERs.—Oui, monsieur Ragotzi ; si je reste ici et qu’on me prenne pour le complice de ces hommes, je crains.

RaGorTzi.—Tu n’as rien à craindre.

Pérers.—Rien ?

RaGorzi.—-Rien que d’être pendu.

* Pérers.—Voilà justement ce que je veux évitez ; je suis innocent! Vous me connaissez, monsieur Ragotzi.

+ OO ( Pr Cr :

RaGorzi.—$Sans doute, je te connais pour un imbécile.

Pétrers.—Imbécile tant que vous voudrez, on n’est pas pendu pour ça.

Raaorzr.—Tu veux être libre ?

Pérers.—Comment, si je le veux? je le veux extraordinairement.

Racorzr (à part).—C'est cela. (Haut.) Eh bien ! c’est possible !

PÉTERs.—Vrai, monsieur Ragotzi ?

RaGorzi.—Oui, je veux faire quelque chose pour toi.

PÉTERs—Ah! que c’est joli de votre part!

Raaorzi.—Où est ton père ?

PéTers.—Dans la salle qui donne sur la campagne, et par la fenêtre de laquelle on aperçoit la Forêt-Noire. Elle n’est pas haute, cette fenêtre; en la sautant on serait tout de suite hors du château, et si vous le voulez,

, je | pos vous sauter çà flèche | GoTzi.—Est-ce de la part de Frantz que tu viens me faire cette demande ?

PéTers.—Mon père! ah! ben oui! Est-ce qu'il s'inquiète jamais ?.… Il est;là, tranquille, qui réfléchit.

Ragorzi.—Alh ! il réfléchit!

Pérers.—Oui, il réfléchit à rien; il parle tout seul ; il dit comme ça: Malheureux Gérald ! nigaud de Péters ! Oh! j’suis d’bon compte, il s'occupe toujours de moi, surtout quand il a quelque sottise à me dire.

Racorzi.—Ecoute ; je veux bien te laisser sortir du château.

Pérenrs (sautant de joie).—Ah ! monsieur Ra-

gotzi, que vous êtes bon !

Eé

* . ler sur un de mes amis dont

Ragorzi.—Mais service pour service.

PéTEeRs.—Parlez, vous faut-il ma vie?

Raaorzi.—Non ; oh ! il ne s’agit que de veil- 7 rh est menacée, de le défendre si l’on attentait à ses ours.

PéTers.—Abh ! il ne vous serait pas possible de nous rendre libres sans condition ?

Ragorzi.—Mais tu m'offrais ta vie.

PéTers.—Oui; ça se dit, mais ça s’fait pas.

RaGorz,—Comment, refuserais-tu ?

Pérers.—Non, certainement ; c’est que seulement s’il fallait se faire tuer pour votre ami, j'aimerais autant rester en prison.

RaGorzr.—Lâche !

Pérers.— C’est égal, mettez-nous dehors; mon père est brave, il se battra, et moi, j’crierai, on viendra à notre secours et votre ami sera sauvé.

RaGotzi.—Je vais parler à Frantz; attendsmoi. (JL rentre.)

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