SCÈNE XVI
HERMANN, RAGOTZI, quatre écuyers du comte Hermann parini lesquels se trouve FRITZEN.
Racorz (s'avance et regarde).—C’est Hermann avec quatre de ses gens. Ayons l’air de résister à ses desseins.
HERMANN (à l« grille).—Ragotzi, ouvrez.
Ragorzi (allant à la grille).—Je ne le puis.
. HerMann.—Ouvrez, vous dis-je, c’est Hermann qui vous l’ordonne.
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RaGorzr (ouvrant).—Pardon, seigneur, je ne vous avais pas reconnu. Mais quel motif vou ramène ?
HERMANN.—Tu vas le savoir. (A l’un de ses écuyers.) Ferme cette grille.
RagoTzi. — Mais, seigneur, je dois moimême...
HERMANN.—Non, reste; je le veux ;ainsi… Ecoute, Ragotzi.
Ragorzi (à part).—Nous y voilà.
HERMANN.— Zimmeraff, ce prisonnier avec lequel je viens d’avoir un entretien, je lui ai eu jadis quelques obligations, et j’ai résolu de lui rendre la liberté. |
Racorzi.—Mais, seigneur, cela est impossible.
HERMANN. — Je sais que tu vas me représenter la responsabilité, l’obéissance que tu dois à ton prince, que tu voudras même faire résistance ; maïs tous tes efforts seraient inutiles ; telle est ma volonté. Tu connais mon pouvoir sur l’électeur ; tu sais que d’un mot je puis te perdre.
Racorzi.—Un vieux soldat ne connaît que son devoir, et ne craint point la mort; jamais je ne souffrirai... (À part.) Je voudrais déjà le voir bien loin.
HERMANN. — Deux cents florins si tu consens à ce que j'’exige. Si tu refuses, ta mort est certaine. Eh bien! à quoi te décides-tu ?
RAGoTzI.—A vous obéir, puisque.je ne puis faire autrement.
HERMANN.—Donne-moi les clefs.
RaGorzi.—Je vais moi-même, seigneur.
HERMANN.— Non, je ne veux pas que tu
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puisses dire un mot au prisonnier. (17 examine toutes les clefs qui composent le trousseau. En désignant une.) Quelle est la clef du cachot de Zimmeraff? Est-ce celle-ci ?
RaGorzr (inquiet).—Non, seigneur, cette clef est celle de la prison de Gérald.
É HERMANN. — Du comte Gérald? (A part.)
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RaGorzi.—Voici celle du cachot de Zimme- : raff. (À part.) Ah! qu’il m'est pénible de sembler céder à la crainte devant ces coquinslà ! si j'étais autre part... (Hermann, pendant ce temps, enlève adroitement la clef de la prison de Gérald, puis il donne les clefs à un écuyer qui va ouvrir la prison de Zimmeraff ; Gérald en sort.)
RAGoTzI (à part).— Puisse-t-il ne point reconnaître Gérald !
HERMANN (à part).—Tout s'arrange au gré de mes vœux.
RaGoTzi (à part). — Comment lui remettre ces armes ? |
HERMANN.—Je suis enchanté de te voir consentir à ce que je demandais. Ce n’eût été qu'avec peine que j'en serais venu à des extrémités... Mais rassure-toi, cette affaire n’aura point de suites fâcheuses.
Racorzi.—Je le souhaite de tout mon cœur.