‹ L'homme de la providence; comédie en un acteChapitre 21 sur 22 · SCENE XVIII Les Mêmes, plus RIVOLIN · texte numérisé non relu

SCENE XVIII Les Mêmes, plus RIVOLIN

UIVOLIN, parlant, en riant, à la cantonade.

Et buvez, vous savez, buvez... Tout ça c'est des premières marques. Philomène offre donc des massepains à monsieur... (n ferme la porte derrière lui.) H est

charmant ce garçon-là... Spirituel, doux, instruit, et il joue du violon... Ma femme et ma fille qui jouent

des airs de piano à quatre mains... (u fait le simulacre de pianoter.) On poutra donner des soirées avec des petits concerts, des petites sauteries... Et allez donc?

(Se tournant vers les deux hommes.) Eh bien, mes bonS a mis,

vous devez commencer à tirer la langue, hein?... Ne vous impatientez pas. Je suis le père de mes soldats,

moi , vous le savez bien I (n tire, des basques de son habit, une bouteille de bière qu'il pose sur la table.) Et d'une... J'aipCUSé

à vous, (il en tire une seconde.) Teucz, y aura pas de ja-

iOUX. (Il ramène de la poche de son pantalon une poignée de gâteaux secs.) Et des massepains, et des petits fours, comme s'il en pleuvait... Tapez-vous la tête, régalezvous mes braves; faites bombance.

BOUGHONNOT et PATOUILLARD.

Merci mon commandant.

RIVOLIN.

Estimez-vous heureux qu'il en reste, car s'il était venu plus de monde, il n'en resterait plus... Tenez, je ne voudrais jamais plus de monde que ça... Au moins on s'entend; le bruit ne vous écorche pas les oreilles.

BOUGHONNOT.

Ah I bien sûr, mon commandant.

RIVOLIN, leur mettant à chacun quelque chose dans la main.

Maintenant la pièce!... Tous les bonheurs à la fois!

BOUGHONNOT, ravi.

Oh! mou commandant... merci.

PATOUILLARD.

C'est trop... merci mon commandant.

RIVOLIN,^ Je ne suis pas un mauvais diable, moi... Vous avez fait voire devoir...

PATOUILLARD.

Surtout Bouchonnot.

RIVOUN.

Je veux vous en remercier.

BOUCHONNOT.

C'est nous, mon commandant.

RIVOLIN, dont les yeux lombenl sur le bouquet que Bouchonnot a posé sur la table.

Qu'est-ce que c'est que ça? Des fleurs?

BOUCHONNOT.

Mon commandant, c'est le bouquet du monsieur.

RIVOLIN.

Comment, c't' ami, il a apporté un bouquet, et vous ne le disiez pas.,. (Attendri.) Brave garçon, il est tout à fait délicieux... Il faut que je le remercie.

Il prend le bouquet et se dirige vers la porte du salon. Bouchonnot l'arrête.

BOUCHONNOT.

Mon commandant, ce n'est pas pour vous le bouquet... (a part, et les yeux au ciel.) La gaffe !... RIVOLIN.

Alors pour qui est-ce? Pour votre nez mon garçon?... Mes invités apportent des bouquets pour mon ordonnance?

BOUCHONNOT, indiquant le plafond.

C'est pour au-dessus, mon commandant... vous savez bien, lesJaspinot.

RIVOLIN.

Ah! faitement, faitement... Eh bien, ils peuvent attendre le bouquet, là-haut, les Jaspinot, ils ne l'auront pas... Et encore moins leur invité. Ce soir, nous leur avons soufflé... Ce que je suis content, et ma femme donc!... Nous ne le rendrons pas, vous pouvez aller leur dire... Et puis c'est si bien l'homme qu'il me faudrait pour gendre !...

PATOUILLARDj à part.

Riileau

Impniiierie Générale de Cliûtillon-sup-Seiue. — A. Hichaï.

A LA MÊME LIBRAIRI

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