L'homme des bois
Bientôt, en effet, Richard sortit du bois. Il paraissait exténué de fatigue, et la sueur lui ruisselait du front. Il dit à Stewart et au docteur qui s'étaient avancés au-devant de lui :
— Les Malais suivent exactement le chemin que nous avons suivi ce matin et sans doute ils vont camper à la place où nous avons campé hier au soir. J'ignore toujours leurs projets; mais leurs allures suspectes me confirment dans la pensée qu'ils machinent quelque chose contre nous. Aussi ai-je conçu le projet de b. 1
conduire la troupe au Nouveau-Drontlieim par nue autre route plus longue et plus difficile peut-être, mais certainement plus sûre. Toutefois, avant de nous remettre en marche, je serais curieux de savoir ce qui se passe du côté de l'ancien campement ; plusieurs coups de fusil ont été tirés dans cette direction... Et tenez, encore, entendez-vous?
On prêta l'oreille, et ou distingua en effet dans l'éloignement des détonations qui se succédaient à intervalles très-rapprochés.
— C'estune chaude fusillade, ajouta Richard.
— Evidemment il se passe là-bas quelque chose d'extraordinaire; il n'est pas possible que les Malais aient rencontré dans ces bois impénétrables une tribu hostile; il est probable qu'ils ont à se défendre contre des buffles, des orangs ou des tigres.
— Ce sont des orangs, je le crains... Les orangs ont franchi le marais.
— Dans tous les cas, monsieur Palmer, dit le gouverneur avec vivacité, nous ne pouvons nous dispenser de venir en aide aux Malais. Quoique ces gens se soient mis en révolte contre notre autorité et qu'ils soient mal disposés à notre égard, c'est un devoir d'humanité pour nous de courir à leur secours,
— Vous avez peut-être raison, répliqua Hichnrd ; cppend;uit j'éprouve une excessive répugnance... Tenez, monsieur Stewart, vous serez indulo-ent pour un pauvre père qui <^ient de retrouver son fils et qui craint de le perdre encore. Dans le cas où nous devrions nous battre contre les orangs, qui sait si mon Edouard ne deviendrait pas leur première victime? Je ne puis me défendre des plus noirs pressentiments... D'ailleurs, je crains aussi -[i'exposer H de nouveaux dangers ma nièce, cette bonne et géuéreuse enfant qui partage si courageusement nos fatigues... — Les Malais ont voulu braver seuls les hasards du désert; n'est-il pas justequ'ils supportent seulsles conséquences de leur résolution, et devons-nous risquer des existences précieuses?...
— Ces motifs, monsieur Palmer, ne Dourraient nous arrêter; il serait facile, en suivant les bords du lac, de tenir Edouard et miss Surrey hors de la portée des orangs. Quant à moi, il ne m'est pas permis d'oublier que ces Malais, si coupables qu'ils soient, ont droit à ma protection, et, dussé-je y aller seul... — ■ Tenez, entendez-vous encore? Vraiment ils se défendent en désespérés !
Il semblait en effet que la fusillade re-
doublât du côté de l'ancien campement.
— Vous avez raison, Stewart, reprit le colon résolument ; j'ai trop écouté peut-être un sentiment d'affection exclusive pour les miens... Partons donc... nous prendrons toutes les précautions convenables; vous verrez, monsieur, que ce n'était pas pour ma vie que je craignais !
— Je vous suis, dit le docteur avec empressement; d'une manière ou d'une autre, il y aura là-bas de la besogne pour moi. Dieu veuille que le naturaliste y soit plus nécessaire que le chirurgien !
Outre Darius et la négresse, on laissa deux lascars auprès d'Anna et d'Edouard, sans compter l'homme qui conduisait le cheval des bagages, et on leur commanda de longer le marais à petits pas, tandis que Palmer se porterait rapidement en avant avec Stewart, Yan Stetten et le reste des Hindous. Miss Surrey voulait demander quelques explications, mais les coups de fusil qui retentissaient toujours dans l'éloigneraent, quoique à de plus longs intervalles, témoignaient d'une nécessité pressante. Aussi Eichard, après avoir rassuré sa nièce en peu de mots, prit-il les devants avec ceux qui devaient l'accompagner, et ils dispa-
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rurent bientôt derrière les inégalités du terrain.
Il n'y avait guère pour plus d'une heure de jour. Palmer et ses compagnons pressaient le pas afin d'ai:river au but avant la nuit, car la nuit devait augmenter le péril, quel qu'il fût. Cependant, bien avant qu'ils eussent atteint l'endroit d'oii la fusillade semblait partie, les explosions d'armes à feu s'étaient ralenties, puis avaient complètement cessé.
Les chasseurs arrivèrent enfin; mais le calme régnait maintenant sous ces arbres immenses qui formaient de longs et majestueux portiques. Les chants des pies, des perroquets et des cigales troublaient seuls le silence imposant de ces voûtes de feuillage. Néanmoins les chasseurs, pleins de défiance, n'essayèrent pas de s'aventurer dans le bois; s'arrêtant au bord du marais, ils poussèrent tous à la fois un cri d'appel qui se prolongea d'échos en échos dans les profondeurs de la forêt vierge.
Alors enfin le désert parut s'animer; plusieurs voix humaines répondirent çà et là, et l'on vit sortir de diverses touffes d'arbustes quatre ou cinq de ces Malais qui s'étaient séparés de la troupe quelques heures auparavant. Deux d'entre eux semblaient grièvement blessés e,
ne pouvaient marcher qu'en s'appuyant sur leurs fusils; tous paraissaient fort effrayés et ne se mouvaient qu'avec une extrême circonspection. Cependant rien ne bougeait, rien ne bruissait dans le feuillage au-dessus de leurs têtes.
Celui qui le premier rejoignit la bande était le Malais Boa, que son bras cassé avait dû rendre incapable de prendre part à une lutte quelconque. Il sortit d'un massif de fougères arborescentes, où il s'était tenu blotti jusque-là, et dit d'une voix sombre :
— Le bois est plein d'orangs... Les Malais sont tous morts ou blessés,
— Les orangs ! s'écria Palmer ; où sont-ils donc?
— Ici... là... partout! répliqua Boa en élevant son bras valide vers les arbres environnants.
— Et c'est contre les orangs que vous avez tiré tant de coups de fusil ?
— Les Malais ont brûlé toute leur poudre, mais les balles ne font rien contre ces bêtes enragées. Un orang a reçu plus de vingt balles; tout couvert de sang, il ne tombait pas de Tarbre, il frappait toujours avec son bâton... Fi vovez encore !
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Pendant qu'il parlait, un de ses compagnons blessés se traînait péniblement pour se mettre sous la sauvegarde des chasseurs. Il avait déjà une épaule brisée et pouvait à peine pousser de faibles gémissements. Cependant comme il passait en chancelant sous un vieux figuier, on entendit le coup sourd dont nous avoES parlé tant de fois, et le malheureux Malais roula sur le gazon ponr ne plus se relever. L'ennemi qui l'avait frappé ne s'était pas découvert ; seulement, du feuillage de l'arbre était sortie une énorme massue qui était retombée avec une force capable de broyer un roc.
Palmer et Stewart voulaient aller au secours du pauvre diable ; Boa leur fit signe que c'était inutile; les autres Malais, dont cette catastrophe avait accéléré la marche, les engagèrent aussi par une pantomime expressive à ne pas s'avancer. Ces hommes, habituellement hardis jusqu'à la témérité, semblaient frappés d épouvante, et ils regardaient derrière eux avec une expression d'horreur que rien ne saurait peindre.
Bientôt tout ce qui restait des Malais se trouva réuni à la troupe de Palmer ; outre Boa, il n'y en avait plus que trois; encore l'un d'eux était -il très-rudement meurtri d'une grosse
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branche que lui avait lancée un orang. Quant à Tueur d'éléphants et aux autres, ils avaient péri dans un espèce de fourré situé à une centaine de pas du marais ; et tel était le danger de s'aventurer dans ce fourré redoutable, que les survivants avaient été obligés d'abandonner non-seulement les cadavres, mais encore les fusils et les équipements des morts sur le théâtre de la lutte.
Palmer et Stewart étaient fort avides de connaître la cause et les détails de ce terrible événement; mais les Malais échappés au massacre ne paraissaient pas se soucier beaucoup d'en révéler toutes les circonstances. Enfin, à force de les presser de questions, on parvint à leur arracher la vérité, du moins en partie.
Ces gens, en se séparant des autres chasseurs, avaient eu la pensée, comme l'avait deviné Palmer, de se venger des lascars, et, excités par Tueur d'éléphants, que son humeur vindicative poussait dans tous les complots, ils avaient résolu de leur tendre un piège sur le chemin. A en croire ceux qui parlaient, on n'avait aucune mauvaise intention contre les Européens de la troupe; c'était aux Hindous seuls que l'on en voulait. Toutefois, il est probable que, en cas de conflit, ni Palmer ni le
gouverneur, ni les autres habitants de la colonie n'eussent dû compter beaucoup sur les égards des révoltés, et qu'un massacre général, suivi de pillage, eût été le résultat final de l'entreprise. Mais Eichard et ses compagnons eurent l'air de prendre pour argent comptant les assurances qu'on leur donnait à cet égard ; aussi bien les Malais avaient été cruellement punis de leur perfidie.
Ils s'étaient dirigés vers le campement où ils savaient que la troupe devait encore s'arrêter la nuit suivante. Leur intention était de se tenir en garde dans le fourré voisin, d'y attendre l'obscurité; puis, quand les Européens seraient endormis, de fondre sur les lascars, et de se venger enfin de leurs prétendues injures.
Tel était le plan des révoltés, ou du moins celui qu'ils jugeaient à propos d'avouer, et, pour le mettre à exécution, ils s'étaient glissés dans un épais taillis où ils ne pouvaient être aperçus. Ils croyaient n'avoir rien à craindre des orangs qu'ils avaient laissés de l'autre côté du lac ; ils ne soupçonnaient pas l'existence d'un second passage dans les marais. Aussi s'établirent-ils en toute sécurité à cette place, et ils ne remarquèrent pas une faible agitation
qui avait lieu dans certains grands arbres dont le taillis était surmonté. Les uns, épuisés de fatigue, ne songeaient qu'à dormir sur le gazon, tandis que les autres s'entretenaient à voix basse de leur projet, quand la scène changea brusquement. On entendit ce coup sourd dont la signification était déjà bien connue des chasseurs, et un Malais, qui se disposait à cueillir quelques figues sauvages, tomba mort au pied du figuier.
Aussitôt tout le monde fut debout, on prépara les armes; mais avant qu'on se fût mis en défense, un autre homme était assommé d'un coup de massue. Alors les orangs, ne croyant plus nécessaire de se cacher, firent entendre leurs sinistres bourdonnements; le feuillage des arbres fut violemment secoué, des branches étaient cassées à grand bruit et tombaient de toutes parts autour des chasseurs; en même temps on voyait les orangs s'élancer d'arbre en arbre. Soit que réellement leur nombre se fût augmeaté depuis la première rencontre, soit que leur agilité parût les multiplier aux yeux de leurs adversaires, les Malais crurent avoir afi'aire à une trentaine au moins de ces formidables animaux. Jamais les traditions locales n'avaient mentionné une réunion aussi nom-
breuse d'orangs-outangs, quoique les grands chimpanzés d'Afrique ou gorilles, espèce trèsvoisine de celle des orangs, se réunissent parfois, dit-on, en bandes de plusieurs milliers. Celle qu'ils avaient devant eux, grâce à la vigueur prodigieuse, à la légèreté, à la hardiesse de chacun de ses membres, semblait être en état d'exterminer tous les Malais de la contrée.
Les chasseurs, d'abord surpris par cette attaque imprévue, ne lâchèrent pas pied et ouvrirent sur les agresseurs un feu bien nourri. Mais les orangs ne s'effrayaient plus de leurs détonations; au contraire elles semblaient les animer davantage. Sans renoncer à leur manière habituelle de combattre, qui consistait à se tenir cachés jusqu'à ce qu'un de leurs adversaires vînt à portée de leur massue, ils ne craignaient pas, dans l'occasion, de se montrer et de s'exposer bravement aux balles. Plusieurs avaient dû être atteints, et on avait vu le sang dégoutter en pluie purpurine de leurs blessures, mais aucun n'avait été tué ; il semblait que le plomb s'amortît sur leurs os de fer. Une femelle, la mère du jeune orang qui avait péri dans la clairière, semblait surtout se faire un jeu d'affronter les fusils, les criss et les lances.
Criblée de blessures, couverte de sang, elle ne montrait ni découragement ni faiblesse; elle s'élançait de branche en branche, grondant, menaçant, frappant de sa massue, dont chaque coup faisait inévitablement une victime.
L'acharnement n'était pas moins grand du côté des chasseurs. D'autres que des Malais n'eussent pas accepté ce combat inutile, ou du moins se fussent empressés de sortir de cet épais fourré où l'ennemi devait avoir un si grand avantage. Mais nous en avons dit assez sur cette nation indomptable pour faire comprendre au lecteur l'aveugle colère, le sauvage amour de vengeance dont ces hommes avaient été saisis en voyant leurs camarades massacrés par les orangs. Une sorte de frénésie s'était emparée d'eux; au lieu de reculer, afin de recommencer la lutte plus tard, dans des conditions meilleures, ils se ruaient au-devant du péril et montraient cette rage insensée de la bête féroce rongeant le fer qui la tue. Aussi n'avaient-ils pas tardé à succomber devant un ennemi qui semblait insensible aux plus cruelles blessures. Presque tous furent assommés d'un seul coup. Tueur d'éléphants fut tué par la femelle, qui peut-être l'avait reconnu pour le meurtrier de son fils. Enfin, au bout de quel-
ques instants, il n'était resté de toute la troupe que les trois ou quatre individus, plus prudents ou plus heureux, qui venaient de rejoindre Palmer au bord du marais.
Le colon et ses compag-nons écoutaient avec stupeur le récit de ce furieux combat qui contrastait maintenant avec le calme profond de cette partie du bois. Selon toute apparence, les orangs avaient éventé de loin la nouvelle bande et méditaient de la surprendre comme ils avait surpris la première. Ils étaient sans aucun doute à portée de voir et d'entendre; mais pas une feuille ne remuait, pas un gémissement ne trahissait ceux qui devaient être dangereusement atteints. Si Palmer n'eût vu tout à l'heure tomber un homme, s'il n'eût touché les blessures des survivants, s'il n'eût lu sur les visages sombres des Malais la honte de la défaite et un impuissant désir de vengeance, il eût pu croire toute cette histoire inventée à plaisir pour cacher une trahison nouvelle.
— Voilà un événement terrible, monsieur Stewart, dit-il avec consternation, et je ne pouvais souhaiter que la rébellion de ces gens fût punie d'une manière si cruelle. Je déplorerai toute ma vie que la délivrance de mon
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fils ait coûté tant de sang... Mais ce n'est pas tout, messieurs, notre situation à nous-mêmes est fort inquiétante. Nous avons encore plus de vingt milles à faire dans la forêt pour gagner la colonie, et, si les orangs persistent à nous poursuivre, à nous attaquer chaque fois qu'ils trouveront une occasion favorable, pas un de nous ne rentrera au Nouveau-Drontheim. Nous périrons un à un dans les bois inextricables qu'il nous faut absolument franchir et où nous serons dans l'impossibilité de nous défendre.
— Ne pourrions-nous agir de ruse? dit le gouverneur; pourquoi ne marcherions-nous pas de nuit et ne mettrions-nous pas une grande distance entre les orangs et nous pendant leur sommeil ?
— La marche de nuit présenterait bien des inconvénients et des dangers dans ces bois touffus, remplis de fondrières, infestés de tigres et d'autres bêtes féroces! D'ailleurs comment réaliser ce plan avec Anna et Edouard, une pauvre jeune fille pleine de courage, mais faible, délicate et déjà épuisée, un jeune sauvage robuste, indocile, dont il faut surveiller chaque mouvement?
— Que faire alors, demanda Van Stettenj
si nous devons passer ici la nuit, où placeronsnous notre camp? Sous les arbres, nous sommes exposés aux attaques des orangs ; au bord du lac, nous avons la certitude de recevoir la visite de ces affreux gavials; l'alternative n'est pas du tout divertissante.
Palmer rétiéchissait aux difficultés de la situation, quand il fut rejoint par le reste de la troupe, composé d'Edouard, de miss Surrey et des personnes chargées de veiller à leur sûreté. Anna malgré son énergie morale, était accablée de fatigue; pour avancer, elle était obligée de s'appuyer sur le bras de la négresse. Edouard, de son côté, montrait quelque impatience de marcher, et les gens de l'escorte eux-mêmes semblaient désirer ardemment un peu de repos.
Il fallut bien apprendre aux nouveaux venus dans quelle périlleuse position l'on se trouvait; Anna n'en fut pas abattue.
— Mon oncle et vous, messieurs, dit-elle avec résolution, que ma présence ne vous empêche pas de faire ce que vous croyez être dans l'intérêt de tous. Je ne veux vous causer aucun embarras; et si vous jugez nécessaire de marcher toute la nuit, je marcherai comme vous.
— Il y aurait un moyen, dit Stewart ; ce serait d'abandonner les bagages et de faire monter miss Surrey sur le cheval; nous avancerions alors plus rapidement.
— Et comment pendant cette marche nocturne pourrions-nous reconnaître notre chemin ? reprit Palmer; d'autre part, mon pauvre enfant n'aurait-il pas de grandes facilités pour nous échapper au milieu des ténèbres? Mais avant de prendre une décision, je veux juger par moi-même de ce qui se passe dans ce fourré.
— Mon oncle, mon cher oncle, vous exposer à un pareil danger !
■ — Je serai prudent... Yenez-vous, docteur? Peut-être quelques-uns de ces Malais ne sontils que blessés, et il vous serait encore possible de les sauver.
— Je sais que si les coups que nous portons aux orangs ne peuvent les tuer, en revanche ceux qu'ils nous portent sont toujours mortels. D'ailleurs, s'il y avait des blessés, nous les entendrions crier.
— Restez donc avec M. Stewart auprès de mon fils, docteur; et quand j'aurai apprécié par moi-même le véritable état des choses, nous aviserons à prendre un parti.
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Et sans écouter les instances d'Anna et des assistants qui voulaient le retenir, il entra dans le fourré où avait eu lieu la destruction presque complète des Malais.