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CHAPITRE VI

Per invia paUant via,

La première locomotive. — Principe de l'adhérence. — Limites des pentes pour une exploitation régulière. — Pentes et rampes des chemins de fer de l'Amérique. — Chemins de fer . funiculaires et chemins de fer à crémaillère. — Chemin de fer Fell à rail central. — Locomoteur Agudio. — Moteur à air comprimé. — Premières tentatives pour la traversée souterraine des Alpes. — Historique du percement du mont Cenis.

— Machines perforatrices. — - Substitution de l'air comprimé à la vapeur. — Résultats obtenus. — Percements du Saint- Gothard et de l'Arlberg. — Chaleur souterraine. ^ Divers procédés pour la combattre : air comprimé, ventilation, pulvérisation d'eau, réfrigérants. — Chaleur probable dans le souterrain du Simplon. — Le Simplon et les intérêts français.

— Conclusion.

Tout le monde a pu voir, dans Tune des galeries de notre Exposition de 1889, la reproduction et les restes d'une vieille petite locomotive, de dimensions bien modestes, d'une forme très surannée, aux membres grêles, à Taspect fragile et étrange, presque

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misérable malgré la toilette délicate qu'on lui avait faite avec les égards les plus minutieux. Elle était entourée d'un magnifique cortège de puissantes machines, vigoureusement musclées, exubérantes de force et de vie, comme celles que nous voyons tous les jours rouler sur nos grandes voies ferrées avec rindiflférence des spectacles toujours les mêmes et mille fois renouvelés. Dans cette assemblée de colosses, elle occupait la place d'honneur, et c'était justice. Son nom était « la Fusée, the Rocket » ; cette Fusée, ce Rocket, était la copie fidèle — nous pourrions presque dire la résurrection — de la première locomotive qui, en 1829, parcourut d'une manière suivie, pendant plusieurs années, la première ligne de chemin de fer régulièrement exploitée entre Manchester et Liverpool. La respectable aïeule n'existe peut-être plus aujourd'hui ; elle aurait près de soixante-dix ans. Elle avait été conçue et construite dé toutes pièces par Georges Stephenson, ingénieur des houillères de Killingworth. Elle ne pesait que quatre tonnes et ne pouvait guère traîner sur une voie horizontale que trois ou quatre voitures pesant ensemble douze à treize tonnes. Sur une pente, elle avait presque de la peine à remorquer une voiture du même poids qu'elle. Toute seule cependant et en rassemblant toutes ses forces, la petite vieille, soufflant beaucoup, crachant encore plus, avait couru avec une vitesse de quarante-cinq kilomètres à l'heure. C'était un prodige pour l'époque. Aujourd'hui, ses enfants et petits-enfants, au nombre de plusieurs milliers, d'une constitution bien autrement robuste, d'un poids variant de trente à

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