‹ L'homme est-il libre?Chapitre 2 sur 22 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Avant tout, pardonne-moi, lecteur, de t'entretenir d'un sujet pareil. II serait sans doute bien plus intéressant de discuter la longueur exacte d'une toge romaine ou de te conter l'histoire d'une femme coupée en morceaux. Ici, je dois te l'avouer, il s'agit tout simplement d'une question d'où dépendent la morale, les lois, la méthode appliquée à l'hlâ^oire. Tu vois que c'est une bagatelle.

Pardonnez-moi, vous aussi, philosophes de profession ; vous surtout, profonds penseurs de la docte Allemagne. Je me sens bien indigne de figurer en votre compagnie ; je ne me suis pas enveloppé de nuages, ni hérissé d'épines ; je n'ai pas jonché ma route de ces mots longs d'une toise, qui font si

bel effet dans un ouvrage et que l'auteur, à défaut d'autres, entend quelquefois. J'ai tort, je le confesse.

Lé siècle est^ à vrai dire^ un mandarin lettré, et je crains même qu'il ne soit un peu pédant. Mais quoi! Je suis un attardé; j'ai encore la naïveté de croire qu'on écrit pour être compris, et je n'ai pu accepter pour règle ce principe presque aussi philosophique que théologique : C'est clair, donc c'est faux.

Cela dit, je commence.

Page 1