‹ L'homme et l'animal. -- (volume 2)Chapitre 118 sur 118 · TEMPS MODERNES (SUITE · texte numérisé non relu

TEMPS MODERNES (SUITE

jusqu'à celle dont nous faisons actuellement partie. Mais alors, ce que nous avons et ce que nous sommes a dû ou exister dès le principe ou être ajouté à un moment quelconque du développement universel. L'école qui prétend faire de la philosophie une branche de l'histoire naturelle ne veut généralement pas de cette dernière hypothèse. Mais dans la première comme dans la seconde, nous devons nous demander si nous avons actuellement en nous quoi que ce soit qui nous différencie des autres êtres. Tout est-il identique dans l'univers? Tout persiste-t-il indéfiniment sans rien acquérir et sans rien perdre? La diversité des formes ne fait-elle que cacher un fond éternellement le même? Alors, la raison qui est dans l'homme existe- t-elle aussi dans la monère? La conscience diffère-t-elle ou non du mouvement? Voilà ce que l'humanité s'obstinera toujours à se demander. Qui n'aura pas résolu cette question se penchera en vain sur les abîmes inconnus des âges primitifs. Ils resteront muets pour lui. Et voilà pourquoi les naturalistes d'aujourd'hui se font bon gré mal gré philosophes. Autrement, ils pourraient disserter sur l'évolution des temps préhistoriques ou sur l'évolution psychologique et morale dans Saturne et dans Vénus... Il ne sera jamais plus facile de connaître notre nature par notre prétenduo origine que notre origine par notre nature actuelle et présente. Quoi qu'on fasse, l'histoire naturelle ne parviendra jamais à remplacer la psychologie ni à supprimer la métaphysique.

Page 1