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péter, faire ici l'historique de ce système. Ce système, d'ailleurs, appartient à la polémique plus qu'à l'histoire. Le Darwinisme en général n'a point fini son cours : nous ne savons quelles modifications il subira. Nous ne savons non plus à quelles conclusions finales aboutiront MM. Bain et Herbert Spencer dont la carrière philosophique n'est point terminée. 11 existe sans doute des tendances puissantes qui ont abouti déjà à des doctrines précises. Mais ces tendances et ces doctrines, nous croyons les avoir assez expliquées et combattues, pour qu'il nous soit concédé, ordonné même, de ne point les ramener encore une fois, sans profit, sous le regard de nos lecteurs.
En somme, on l'a vu, la question d'origine et la question de nature se débattent parallèlement « depuis qu'il y a des hommes et qui pensent ». Les sciences naturelles étudient surtout la première , la philosophie étudie surtout la seconde ; mais chacune de ces deux sciences veut presque toujours résoudre la question qu'elle néglige ou qu'elle relègue au second rang, par celle qu'elle a particulièrement approfondie avec la méthode qui lui est propre. A coup sûr, aucune recherche ne peut être interdite à l'esprit humain, et les savants qui poursuivent le secret de nos origines historiques ont droit à nos plus vives sympathies. Mais ce secret, à supposer qu'il soit jamais connu, ne pourra jamais à lui seul préjuger la question de notre nature et de nos destinées. On nous dit que l'espèce a débuté par l'inconscient, comme fait encore aujourd'hui l'individu. Est-il donc possible de conjecturer ce que cet inconscient renfermait en luimême de ressources latentes, autrement qu'en étudiant ce qu'il est devenu et à quelle forme il a abouti. On dit qu'une première et infiniment petite combinaison en a produit une seconde plus complexe : c'est cette seconde, poursuit-on, qui a produit la troisième, et ainsi de suite