‹ L'homme et l'animal. -- (volume 2)Chapitre 2 sur 118 · LA PSYCHOLOGIE COMPAREE. — SON OBJET, SA MÉTHODE · texte numérisé non relu

LA PSYCHOLOGIE COMPAREE. — SON OBJET, SA MÉTHODE

Après avoir étudié isolément un certain nombre d'êtres ou de phénomènes, la science tend inévitablement à comparer entre eux les êtres et les phénomènes sur lesquels elle a déjà réuni des connaissances. Ce n'est pas seulement pour étendre ces connaissances en multipliant les termes de comparaison et en découvrant des rapports nouveaux, des analogies, des ressemblances et des différences qui aident à mettre en lumière des côtés, inconnus jusque-là, de la réalité; c'est aussi pour simplifier ces connaissances en les expliquant. En effet, trouver par où plusieurs choses, différentes d'ailleurs, se ressemblent, c'est mettre la main sur des caractèros que leur généralité même doit fairo ostimer plus noces-

saires à l'existence des autres; trouver par quels caractères un être se distingue de ceux avec lesquels il a des ressemblances plus ou moins nombreuses, c'est se mettre à même de découvrir s'il leur est supérieur ou inférieur, en quoi sa supériorité consiste, et quel est le caractère dominateur autour duquel se groupent, réunis par un lien durable, les attributs essentiels de sa nature.

Les avantages immenses que cette méthode a procurés aux sciences positives, en instituant la physique générale, l'anatomie et la physiologie comparées, sont bien connus. Pour ne citer qu'un exemple, le physiologiste ne peut nous apprendre avec certitude ce qu'est la respiration que si, suivant ce phénomène dans toute la série animale, il constate, sous la multiplicité des organes plus ou moins imparfaits par lesquels elle s'exécute, comment partout et toujours elle constitue, ainsi que l'avait si bien vu déjà Lavoisier, une combustion. De même en est-il de toutes les autres fonctions des corps vivants. Une psychologie comparée peut-elle avoir le même intérêt et la même importance? A ceux qui la cultivent de le prouver par leurs découvertes ou par la valeur de leurs études. On peut cependant par avance faire voir clairement et sans grand'peine que cette science a sa raison d'être, mieux encore, sa nécessité.

Quoi, dira-t-on , n'est-il plus vrai que l'homme seul a l'intelligence, le libre arbitre, la moralité, le sens du beau? Gela est vrai ou cela n'est pas vrai, répondronsnous ; cela est tout d'abord un point à établir. Dans tous les cas, il y a une question à discuter; et cette discussion, à quelque conclusion qu'elle aboutisse, ne peut, à coup sûr, manquer d'intérêt. Mais disons plus. La pensée est évidemment un acte complexe, enveloppant des actes plus simples, plus élémentaires. On appellera ces dernières conditions , moyens d'action, matière de la connaissance (autant de termes dont il faut savoir tout au

moins expliquer le sens et justifier le rejet ou l'adoption) ; mais on ne peut guère contester que ces actes se retrouvent chez les animaux. Peut-on contester en effet que les animaux sentent , imaginent , se souviennent , agissent, s'irritent, aiment ou haïssent, craignent ; que quelques-uns imitent l'homme , qu'un bien plus grand nombre s'imitent les uns les autres, que beaucoup se réunissent en société, font l'éducation de leurs petits, etc. ? Sans doute , il importe de fixer la signification de ces actes, et pour cela de les analyser, Mais les analyser, n'est-ce pas chercher s'ils contiennent ou non tout ce qu'impliquent les actions humaines? Et faire cette étude, n'est-ce pas renouveler et compléter à la fois celle de notre propre nature , non-seulement en en recherchant tous les attributs, mais surtout en déterminant l'importance relative de chacun d'eux ainsi que la loi ou les lois présidant à la formation du tout harmonieux qu'ils composent.

Mais la psychologie comparée vise plus haut qu'à donner des descriptions et des classifications, qu'à diviser et à subdiviser les facultés humaines ou animales. Quelle est la place de l'homme dans la création? Il est impossible qu'elle n'aborde pas cette question captivante et redoutable, puisqu'elle donne le moyen de la résoudre ; ceci, je pense, est évident de soi : pas n'est besoin d'insister.

Cette question qui soulève déjà tant de controverses, en amène une autre dont l'intérêt semble encore plus vif, et ce n'est rien exagérer que de dire plus poignant. La place de l'homme dans la création, quelle est-elle? La première, sans doute, il n'est point trop téméraire de l'affirmer. Cette primauté cependant va-t-elle jusqu'à placer l'homme, non-seulement au-dessus, mais en dehors des autres espèces animales ? S'il est le premier dos animaux, n'est-il malgré tout qu'un animal? Il se peut

faire qu'il y ait là matière à des disputes de mots. Mais enfin, si nous nous préoccupons de fixer notre place et notre rang, la nature même de ceux avec lesquels nous nous comparons ne peut demeurer pour nous indifférente. Ne sommes-nous, par exemple, que les plus compliqués ou les plus raffinés parmi des êtres qui, tous, sont également les produits d'une aveugle et fatale évolution dont l'origine et dont le terme sont inconnus ? Nous touchons ici à la question capitale qui s'impose aux recherches de l'heure présente. Cette question, nul n'est libre aujourd'hui de l'éluder. La traiter n'est point sacrifier à la mode ou à l'engouement des systèmes. Elle se pose d'elle-même : car elle est au fond de toutes les controverses philosophiques ou scientifiques du siècle. Elle n'est d'ailleurs exclusive d'aucune de celles que toute psychologie comparée peut embrasser. Elle touche à toutes les autres, elle les domine toutes, peut-on dire, et les éclaire toutes d'un nouveau jour. Cette question, la voici. L'intelligence (et nous comprenons naturellement sous ce mot les facultés inséparables de la pensée, telles que l'amour du bien et du beau et la volonté réfléchie), l'intelligence peut-elle nous apparaître encore comme indépendante du mécanisme ?

Le mécanisme, c'est-à-dire l'explication des choses par la liaison nécessaire et aveugle des mouvements de la matière, étend chaque jour ses conquêtes. Du monde physique où, en dépit des principes par lesquels Leibniz a complété Descartes, il se flatte depuis longtemps de régner sans contestation et sans partage, il a gagné le monde de la vie. Que nous fait-il voir dans les corps vivants ? Des assemblages de phénomènes physico-chimiques. Ces phénomènes se passent, il est vrai, dans un laboratoire mystérieux encore ; rien cependant ne s'y accomplit , nous dit-on , qui ne puisse être accompli de même dans le laboratoire du chimiste. La conquête de la

physiologie a valu celle de la médecine. Ne demandez plus la guérison d'une maladie à cette espèce de providence naturelle d'une force vitale, souveraine maîtresse des destinées de l'organisme, triomphant d'une matière subalterne, et arrêtant par sa propre énergie l'action des lois inférieures. Le vrai médecin, le médecin de l'avenir n'aspire plus à deviner, il constate ; et il constate, le thermomètre ou tout autre appareil enregistreur à la main, des phénomènes d'ordre physico-chimique ; s'il réagit contre eux, c'est en provoquant des faits de même nature. Mais l'explication mécaniste ne s'arrête pas là. 11 n'est pas malaisé de voir qu'à tort ou à raison elle réduit l'étude de la vie à l'étude des conditions de la vie. Or, elle applique cette méthode à la science de l'homme en général ; et elle prétend que les conditions dans lesquelles se développe l'activité de l'homme ne sont autres que celles que lui font et le monde physique et sa propre organisation. Gomment donc s'étonner, dira l'école, que les lois qui président aux sociétés humaines soient trouvées de plus en plus semblables aux lois nécessaires de l'organisation? Gomment s'étonner que les lois de l'économie politique, démêlées avec plus de précision et plus de rigueur encore, tendent de jour en jour à se réduiro à des formules mathématiques ? Tirons les conséquences. Ne point essayer inutilement de déranger à son profit l'équilibre social, accepter ces lois inévitables qui assurent la seule répartition possible des avantages, n'est-ce point là la vraie sagesse et la vraie moralité? Établir une correspondance de plus en plus complète et de plus en plus exacte entre les représentations qu'on se forme des choses et les choses elles-mêmes, n'est-co point la la science ? Et enfin , si la science est une pure Image ou une simple répétition du mécanisme de la naturo, que sera-ce donc que l'intelligence, sinon uno portion de ce mécanisme? Et ainsi, de proche en proche,

la théorie se flatte d'avoir conquis l'homme tout entier.

Elle se croit d'autant plus assurée du succès qu'elle a étendu et enrichi sa conception fondamentale. Les mouvements qu'elle analyse , elle ne nous les donne plus comme des mouvements dont les combinaisons soient immuables. L'instable matière se distribue, se décompose et se redistribue de mille façons différentes : mais la complexité des rapports de chaque partie avec le tout va croissant. Ainsi, le mécanisme qui remplit tous les espaces remplit aussi la durée par l'accumulation des forces qu'il fait se succéder les unes aux autres. L'intelligence individuelle s'accroît de génération en génération : tout ce qui paraît supérieur à l'expérience actuelle n'est que de la force emmagasinée et distribuée dans les cerveaux des ancêtres ; car de siècle en siècle les organismes humains réussissent à faire vivre en eux une portion non-seulement plus considérable , mais encore mieux ordonnée de la force universelle.

Dans ce débat, trois partis s'offrent au choix réfléchi du philosophe et du savant. Bien peu sans doute, quelquesuns peut-être s'en tiendront à la doctrine d'une intelligence se suffisant à elle-même, ayant ses lois tout à fait à part, se déterminant avec indifférence, libre d'agir sans motifs , n'ayant aucun rapport avec les espèces inférieures. Y aurait-il trop de subtilité à vouloir retrouver au moins l'esprit de cette théorie dans la critique qui voulait prendre les œuvres d'art et de littérature comme des créations toutes spontanées , et dédaignait d'en rechercher les conditions extérieures ? Toute semblable serait la prétention des savants qui croiraient pouvoir se passer de bibliothèques ou de laboratoires et de politiques qui, comptant sur le génie de la nation, la précipiteraient, infatuée d'elle-même , sur des obstacles inconnus.

Le second parti est tout simplement l'acceptation du

système des mécanistes : la pensée n'est qu'une forme du mouvement, lequel n'est qu'une forme du calorique, lequel est, dans l'animal et dans l'homme, un produit de la nutrition... ; la volonté n'est qu'un mouvement réflexe et la sensibilité un état général des organes. Le vice et la vertu sont des combinaisons comme le sucre et le vitriol ; et telles sont aussi les œuvres d'art ou de littérature qu'enfante l'organisation d'une race travaillée par les circonstances et le milieu. Quant au génie, c'est une névrose qu'une oscillation cérébrale de plus transforme aisément en folie. La nature humaine a d'ailleurs les mêmes origines, les mêmes lois, les mêmes destinées que la nature animale. Si les conditions de notre existence sociale sont assez favorables pour que nos forces communes se développent avec intensité, nous pouvons jouir sans scrupules de notre prépondérance. L'extermination des plus faibles par les plus forts est la forme par excellence de ce qu'on appelle le progrès. Donc, outiller et discipliner des forces vivantes qui emprunteront le plus qu'elles pourront à ces forces physiques dont elles émanent, voilà l'idéal de l'homme public et le dernier mot du droit des gens.

Un troisième parti cependant reste à examiner. L'intelligence qui connaît le mécanisme et qui s'en sert et dans une bonne mesure le dirige, n'est-elle pas quelque chose de distinct de lui? Si cela est, connaissons donc les conditions extérieures d'un développement dont 'le terme final devra, ce semble, être l'esprit, l'esprit qui no peut nster étranger à la matière, mais qui doit l'ordonner et l'embellir en la transformant à son image; l'esprit qui doit intervenir dans la lutte inévitable des forces, mais qui doit surtout chercher à atténuer, dans l'intérêt des moins heureux , les aveugles effets de la concurrence.

Comment la psychologie comparée doit nous éclairer

sur le choix à faire entre Tune ou l'autre de ces différentes opinions, c'est ce qu'il est inutile de démontrer. L'immense hiérarchie qui va de la plante jusqu'à l'homme touche évidemment de plus près au mécanisme que la pensée humaine prise à part. Remontez-la dans le sens de l'homme, elle s'en éloigne ; descendez-la en sens contraire, elle s'en rapproche de plus en plus. Or, que devons-nous voir dans cette succession d'états qui se tiennent de si près ? Un mécanisme qui se complique ou une pensée qui se dégrade et s'affaiblit? Nous devons bien probablement voir l'un et l'autre et essayer surtout de démêler leurs rapports mutuels.

Une telle étude doit plus que toute autre être abordée sans parti pris. Des savants qui prétendent ramener tout à la matière commencent naturellement par rabaisser les facultés de l'homme : ils prennent, pour y arriver, le moyen qui leur semble le meilleur et qui consiste à identifier l'homme à l'animal. Mais comme il leur semble nécessaire, pour réussir plus sûrement, de relever un peu l'animal, voilà qu'ils attribuent à celui-ci des facultés dont il est bien difficile de rapporter tout l'honneur aux mouvements de la matière, le sens moral, la conscience et la réflexion. N'ont-ils pas été jusqu'à lui reconnaître un privilège qu'ailleurs ils dénient à l'homme même : la liberté? Craignons de tomber dans un autre genre de contradiction : car si, pour mieux relever l'homme audessus de l'animal, nous ne voulions voir chez ce dernier que l'automatisme, si nous expliquions par le mécanisme seul ses sensations et les résolutions qui les suivent, n'aurions-nous pas fait faire à la théorie mécaniste un pas de plus, en lui livrant, pour ainsi dire, les frontières les plus rapprochées de l'intelligence, et peut-être une partie de son territoire ?

Mais quelque liberté d'esprit que nous (levions apporter dans ces recherches, il est cependant une difficulté préalable qu'il est nécessaire de lever : c'est celle qui a trait à la méthode de la psychologie comparée. La méthode d'observation par la conscience, telle que la psychologie la pratique, surtout depuis Maine de Biran , Cousin, Jouffïoy, est assez connue : et l'on peut dire qu'elle a fait ses preuves. Qu'elle ait eu, qu'elle ait encore besoin d'être complétée, soit par une meilleure intelligence de ses propres ressources, soit par l'emploi subsidiaire d'autres méthodes, c'est ce qu'on ne peut guère se dispenser de reconnaître. Mais pour s'amender, il faut qu'elle ait tout d'abord le droit d'exister. Or, ce droit, il semble qu'on le lui conteste. Il semble que pour la plupart des représentants de la science proprement dite, l'intelligence ne doive plus être étudiée du dedans, mais du dehors. Le cas est grave ; et ce pourrait bien être là une de ces questions où la procédure emporte le fond. Croire que le dehors seul peut être étudié, c'est être bien près déjuger qu'il peut seul être connu. Un pas de plus, et l'on professe que seul il existe. Dans tous les cas, quel compte tenir d'une réalité hypothétique qu'on ne connaît point?

Quoi qu'il en soit, bornons pour le moment notre examen à la question de la méthode, autant du moins quo nous le pourrons, en suivant de près les doctrines de ceux dont nous aurons à juger les prétentions.

L'école transformiste ou darwinienne a-t-elle poussé iz avant ses démonstrations pour nous forcer à croiro que l'intelligence est sortie des transformations successives des espèces vivantes , et que ces transformations

connues par la 'méthode dite positive suffisent à nous expliquer l'avènement de la pensée? Elle paraît s'en flatter; car voici à peu près ce qu'elle nous dit. Toutes les espèces sortent les unes des autres, et tous les caractères et attributs de chacune d'elles ont leur explication dans le développement des précédentes. Tout caractère d'espèce a pour cause le développement, par voie d'accumulation héréditaire, d'une variation utile accidentellement survenue dans l'un des caractères antérieurement existants chez l'espèce souche ; et ces derniers avaient déjà la même origine. Si cette explication nous permet de redescendre graduellement jusqu'à la cellule primitive, ne nous permet-elle pas également de remonter jusqu'à l'homme ? Pourquoi donc voudrait-on faire une exception pour l'homme ou pour une portion unique de sa nature ? Pourquoi partager ainsi l'univers et scinder la majesté de l'infini?

Ne discutons pas la théorie dans ses principes généraux : acceptons-la. Croyons que toutes les espèces vivantes n'ont pas été créées chacune par un acte spécial de la cause première. Croyons que les organismes peuvent en effet se transformer et qu'il y a progrès dans la nature. Mais de combien de types primitifs est parti ce progrès ? Voilà ce que Pécole n'a pas encore pu décider. Bon nombre de ses chefs croient avoir des raisons à priori, c'est-à-dire philosophiques, pour juger plus probable l'unité du point de départ. Mais ici encore meins qu'ailleurs, ils n'ont jusqu'à présent rien démontré. Je le répète, ils ont ce qu'ils appellent « des raisons générales », à défaut de faits positifs. Que dit, par exemple, M. Darwin, au sujet du passage du singe à l'homme ? « La grande lacune, écrit-il, qu'il y a dans la chaîne des organismes entre l'homme et ses plus proches alliés, lacune qui ne peut être comblée par aucune espèce éteinte ou vivante, a été souvent mise en avant comme une grave

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objection à la doctrine que l'homme est descendu d'une forme inférieure ; mais cette objection ne semblera pas d'un grand poids à ceux qui, convaincus par des raisons générales, croient au principe général de l'évolution i. » Suivons l'exemple qui nous est donné ; et cherchons aussi des raisons, puisque les faits apparemment ne suffisent pas. Si réelle que puisse être l'évolution, il faut toujours remontera un commencement au moins relatif. La puissance quelle qu'elle soit, naturelle ou surnaturelle, qui a donné naissance au premier germe, ne pouvait-elle en produire à la fois plusieurs destinés à se développer dans des évolutions parallèles ? Et parmi ces types primordiaux, pourquoi ne penserions-nbus pas qu'existait, distinct de tous les autres et destiné à une évolution sut generis, }e type de l'être intelligent ? Une hypothèse vaut l'autre. Il y a plus. A l'appui de la doctrine d'une évolution universelle , l'école darwinienne nous met sous les yeux des évolutions partielles ; par exemple, l'évolution paléontologique et l'évolution embryonnaire. Mais si les faits groupés sous ces noms apportent des arguments très -sérieux en faveur de cette idée que beaucoup d'espèces sont réellement sorties les unes des autres, ils ne sont guère favorables à l'hypothèse d'un seul prototype. Si, en effet, la paléontologie nous montre que la succession chronologique des types appartenant à l'embranchement des vertébrés correspond assez bien à la hiérarchie de leurs formes actuelles, elle nous montre aussi que, dans les terrains les plus anciens, trois embranchements au moins ont simultanément apparu. L'étude de l'évolution embryonnaire donne un résultat tout semblable. Si chaque embryon de vertébré suit, dans sa période de formation, des phases qui rappellent les formes des vertébrés inférieurs, jamais cepen-

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