Ibid., III
mouvement qui en résulte sont étroitement liés les phénomènes de la nutrition; et il convient d'entendre ce mot dans son sens le plus large : il désigne l'accroissement et le renouvellement continuel de l'être, en lui, et aussi hors de lui par la génération, ce qui est, ainsi que Platon l'expliquait déjà très - clairement dans le Timée, la condition de la sensation.
Maintenant, l'appétit veut à son tour être entretenu par l'imagination, et c'est ce qui a lieu chez l'animal. « L'animal ne peut être susceptible d'appétit sans imagination \ » « Or, ajoute Aristote, toute imagination est raisonnable ou sensitive; et c'est ainsi que les autres animaux (les animaux autres que l'homme) ont l'imagination tout aussi bien que l'homme 2. » Ce qui veut dire apparemment : car, s'ils n'ont pas l'imagination raisonnable, du moins ils ont l'imagination sensitive qui excite le désir ou l'appétit, quand ce n'est pas la sensation actuelle et immédiate qui l'entraîne ; et le désir à son tour entraîne le mouvement. « La cause du mouvement est en définitive le désir qui est produit, soit par la sensation, soit par l'imagination 3. »
Mais l'imagination, en se continuant et en se répétant, développe chez les animaux proprement dits un autre phénomène, celui de la mémoire. Aristote, pour nous bien expliquer que la mémoire peut appartenir aux bêtes, nous rappelle que dans l'homme « la mémoire des choses intellectuelles ne peut elle-même avoir lieu sans images, que ce n'est qu'indirectement qu'elle s'applique