Mouvement des animaux, VII
à la chose pensée par l'intelligence, mais qu'en soi elle ne se rapporte qu'au principe sensible J . L'animal pourra donc très-bien posséder la mémoire simple , celle qui consiste dans le renouvellement d'un fait sensible, d'une image. Aristote ajoute avec beaucoup de force : « Voilà pourquoi la mémoire appartient à d'autres animaux (que l'homme) et n'est pas le privilège de l'homme et généralement des êtres qui ont la faculté de l'opinion et de la réflexion ; tandis que si elle était une des parties intellectuelles de l'âme , elle manquerait à beaucoup d'animaux autres que l'homme ; peut-être même ne serait-elle le partage d'aucun être mortel 2. »
Tout cela en résumé, il est aisé de le voir, et nous ne pensons pas avoir besoin de le développer, c'est la sensation, la sensation actuelle ou la sensation renouvelée et qui varie d'animal à animal suivant la nature de ses sens. À ce sujet, Aristote observe déjà que le sens prédominant de l'animal est l'odorat, tandis que le sens caractéristique de l'homme est le toucher.
Gomment la nature des sens et la nature des organes en général peuvent modifier la nature des appétits, celle des désirs et finalement celle des mouvements de l'animal, c'est ce dont Aristote ne nous dit rien. Il nous explique seulement en une phrase courte mais très-importante, comment de ces phénomènes de la sensation (Miivent résulter des mouvements si divers et souvent si compliqués. « Il en est absolument, dit-il, comme dans s automates qui se meuvent par le moindre mouvement dès que les ressorts sont lâchés, parce que les res-