‹ L'homme et l'animal. -- (volume 2)Chapitre 61 sur 118 · De la Mémoire, I, v · texte numérisé non relu

De la Mémoire, I, v

I. Avec plusieurs commentateurs anciens, M. Barthélémy St.-Hilaire pense que l'expression être mortel veut dire ici : être chez qui tout meurt; or, il est dans l'homme quelque chose qui ne meurt pas, Aristote le reconnaît. — Cette interprétation est en effet la seule, il nous semble, qui se concilie avec le sens général du passage.

sorts peuvent ensuite agir les uns sur les autres !. » En d'autres termes, il y a chez les êtres vivants un mécanisme dont les divers ressorts se meuvent automatiquement les uns sur les autres, et l'acte propre de l'animal ne consiste qu'à donner le premier branle à la machine. Aristote a développé assez longuement cette idée au sujet des phénomènes internes de la vie, digestion, respiration... ; mais il l'étend ici à tous les actes de la vie de relation aussi bien que de la vie nutritive , « soit, dit-il, que l'action se produise sur le dehors, soit qu'elle ne sorte pas d'eux » .

Voilà ce qu' Aristote accorde à l'animal. Voyons maintenant ce qu'il lui refuse. Nous avons lu dans sa Physique qu'il lui refuse, pour ainsi dire, en bloc, la raison, le choix, la liberté. Dans les passages que nous venons de citer de sa psychologie, lorsqu'il leur reconnaît la mémoire et l'imagination, il a bien soin d'expliquer que c'est une espèce de mémoire et une espèce d'imagination seulement. Pour ce qui est de la mémoire, il leur refuse ce qu'on appelle , communément la mémoire volontaire ou réfléchie et qu'il nomme, lui, réminiscence. Il explique en effet parfaitement bien comment il entend par réminiscence l'effort par lequel l'intelligence réunit les fragments épars d'un souvenir que déjà nous possédons en partie et reconstitue ainsi le souvenir tout entier. Qu'est-ce donc qu'implique cette réminiscence ainsi entendue? Aristote va nous le dire. Elle suppose à la fois le raisonnement et la volonté, d'où il suit que ces deux facultés sont déniées aux animaux. « Beaucoup d'animaux, sans compter l'homme, ont de la mémoire, tandis que, parmi tous les animaux connus, la réminiscence n'appartient, on peut le dire, qu'à l'homme tout seul ; là cause de ce privilège, c'est que la réminiscence

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