‹ L'homme et l'animal. -- (volume 2)Chapitre 63 sur 118 · Grande morale, I · texte numérisé non relu

Grande morale, I

35'i ÉTUDE HISTORIQUE

à plus forte raison sous sa forme inférieure, « n'est point la science, n'est point l'entendement. » 11 ajoute même : « Est-elle l'opinion ?» — « mais, se dit-il, la croyance est la conséquence de l'opinion. Or, la croyance n'appartient jamais à la brute, tandis que l'imagination lui appartient bien souvent. De plus, si la croyance accompagne l'opinion, la persuasion accompagne la croyance, comme la raison accompagne la persuasion ; mais si quelques bêtes ont l'imagination, aucune n'a la raison en partage l. » Donc, bien que les bêtes aient une certaine imagination, elles n'ont cependant ni l'opinion , ni la croyance, et cela parce qu'elles n'ont pas la raison. Mais c'est encore l'occasion de remarquer qu'elles n'ont pas non plus la volonté. Aristote tient à le constater à propos de l'imagination comme il l'a fait à propos de la mémoire. « Ainsi, écrit-il, l'imagination sensitive se trouve, comme je l'ai dit, cbez les autres animaux (chez les animaux autres que l'homme) ; mais l'imagination qui va jusqu'à la volonté se trouve exclusivement chez les animaux doués de raison 2, » c'est-à-dire bien évidemment chez les hommes, puisqu'il est affirmé plus haut dans le même livre du même traité qu'aucune bête n'a la raison en partage.

Tous ces textes nous semblent décisifs, et nous pensons qu'ils paraîtront tels à tout lecteur. Si quelque passage d'Aristote a paru offrir parfois de l'obscurité, c'est d'abord qu'il n'emploie pas toujours en parlant des animaux le mot très-clair de fojpiov et que le mot Çwov est prjs successivement dans deux sens, signifiant tantôt l'ensemble du règne animal y compris l'homme, et tantôt l'animal proprement dit. C'est encore (et ceci tient au fond des choses, non plus seulement au langage) que

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