Porphyre. Traité de l'abstinence des viandes
puisque Neptune et Pluton sont inférieurs à Jupiter.
Proclus sera plus philosophe, moins égaré par la contemplation mystique de l'unité panthéistique du monde. Il posera sans doute en principe que toutes les âmes découlent d'une âme universelle comme les rayons d'un seul soleil. Il arrivera donc à admettre que tous les êtres ont part à l'intelligence, et il le dira positivement des bêtes elles-mêmes. Mais entre les bêtes et l'homme il mettra la raison. Les animaux, dira-t-il, voient les choses telles qu'elles paraissent et non telles qu'elles sont : la liberté n'existe qu'en proportion de l'intelligence ou plutôt de la raison ; aussi les bêtes se laissent-elles guider par le plaisir, d'après une loi fatale, même lorsqu'elles paraissent se conduire d'après leur propre volonté i.
Ces conclusions, il est permis de le croire, sont en somme celles de l'école : car elles s'écartent bien peu de la doctrine de Plotin.
Quand Plotin parle de la nature animale, c'est le plus souvent de la partie inférieure de l'homme ou de l'animal renfermé dans l'homme qu'il se préoccupe. Cependant cette première et importante distinction l'amène à distinguer l'animal proprement dit ou la bête, de la complexe nature humaine. Prenons donc les problèmes dans l'ordre où il les aborde et les résout :
Il y a, dit Plotin, deux âmes : l'âme raisonnable qui est plus divine et qui « nous constitue essentiellement» et l'âme irraisonnable i que nous recevons de l'âme universelle. » — Toutes deux d'ailleurs sont unies dans l'homme. — Nous n'avons point à nous étendre ici sur la théorie de l'âme raisonnable dans Plotin. Notons seulement ces points d'une grande importance : L'âme raisonnable « n'est pas dans le corps 2. » Elle s'élève aux