‹ L'homme et l'animal. -- (volume 2)Chapitre 77 sur 118 · Plutarque, Œuvres morales. De la vitesse des animaux · texte numérisé non relu

Plutarque, Œuvres morales. De la vitesse des animaux

d'embarrasser l'adversaire, qu'à une analyse vraiment scientifique. Les animaux, dit-il *, ont un langage, peu importe lequel. On peut appeler pensée tout ce qui se passe intérieurement dans l'âme avant qu'on ne l'exprime par la voix. Les animaux pensent donc, puisqu'ils émettent des sons à leur manière comme nous à la nôtre. D'ailleurs, il y a un fait qui lève tous les doutes. Il y a des hommes, comme Mélampe, ïirésias, Apollonius de Tyane, qui ont compris le langage des animaux; les Arabes comprennent parfaitement le langage des corbeaux et les Tyrrhériens celui des aigles. Dira-t-on que les animaux agissent par instinct, puisqu'ils n'ont pas été instruits ? Mais ne recevons-nous pas, nous aussi, notre raison de la nature ? Et les dieux ne savent-ils pas tout sans avoir besoin de rien apprendre? — Pour mieux faire ressortir encore la ressemblance des deux natures, Porphyre ajoute que les bêtes ont comme nous des maladies : ainsi, l'âne est sujet au catarrhe et le cheval au torticolis, c'est une preuve de plus qu'ils ont des sens tout comme nous. Or, s'ils ont des sens comme nous, quoique n'étant pas des hommes, pourquoi leur refuserait-on la raison sous prétexte qu'ils ne sont pas des hommes ? Il y a des degrés dans la raison, et ici reviennent, fidèlement reproduits, les arguments déjà développés par Plutarque. Porphyre y ajoute encore d'ingénieuses observations comme la suivante : rien de plus facile que d'expliquer les diversités d'intelligence ; elles tiennent à la diversité des lieux habités. Ainsi, les dieux qui habitent le ciel sont les mieux doués de tous les êtres; les oiseaux viennent ensuite, puisqu'ils sont les ministres de la divination. Il n'est pas étonnant que les animaux qui rampent sur la terre ou qui nagent dans les eaux sont moins intelligents que l'homme,

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