Ibid., 1" Enn., I
dons d'un degré. Il faut que cette sensation soit liée par quelques rapports à la sensation animale. Et en effet, dit Plotin, « elle n'en est pas séparée. » Gomment cela ? Gomment l'âme est-elle unie à la nature animale et par conséquent au corps, puisque la vie animale appartient au corps et que tout ce qui se rapporte à cette vie est corporel? C'est, nous dit Plotin, qu'elle a contribué à la former. En effet, cette nature animale est dans l'homme un composé, et ce composé résulte de la présence de l'âme ; non que l'âme entre dans le composé ou constitue un de ses éléments ; mais du corps organisé et d'une espèce de lumière qu'elle fournit elle-même, l'âme ■ forme la nature animale, qui diffère à la fois de l'âme et du corps, et à laquelle appartient la sensation ainsi que toutes les passions que nous avons attribuées à l'animal. Maintenant, si le corps auquel nous sommes unis est humanisé, pour ainsi dire, par l'action de notre âme qui s'y reflète sans y descendre, comment le corps a-t-il tout d'abord été formé ? D'où dépend-il ? Il dépend de l'âme universelle opérant par l'intermédiaire de la nature. Aussi le corps a-t-il, indépendamment de l'âme qui agit sur lui, une âme qui lui est propre, des appétits qui sont siens, etc.
La nature, qui n'est autre chose que la puissance génératrice de l'âme universelle, produit à la fois la matière et les raisons séminales qui, donnant la forme à la matière, constituent les différents êtres vivants. La nature est une raison qui produit d'autres raisons et qui, tout en demeurant en elle-même, donne quelque chose d'elle-même. Cette nature n'est « que l'image de la sagesse 2 » qui se communique à travers elle ; aussi, quant à elle, ne sait-elle qu'engendrer. Elle ne connaît