‹ L'homme et l'animal. -- (volume 2)Chapitre 81 sur 118 · Ibid., 3* Enn., VIII · texte numérisé non relu

Ibid., 3* Enn., VIII

pas, elle ne peut rien saisir ni comprendre; elle produit seulement et transmet aveuglément à la matière la forme qu'elle possède l. Une fois le corps formé suivant un plan ou suivant un autre, le corps a des appétits. « La nature n'a des appétits qu'à la suite du corps et à cause de lui. Ce sont les variations de l'organisme qui produisent les variations d'appétits. » C'est donc en disposant et en combinant les organes que la nature fait produire aux plantes en temps convenable les fleurs et les fruits, administre toutes les parties du corps, meut ou engendre chaque chose en son temps, fait pousser la barbe ou les cornes, donne à l'être des penchants ou des pouvoirs particuliers 2.

Tout cela posé, qu'est-ce qu'un animal proprement dit, une bête ? C'est un corps formé sur un certain plan et doué de certains appétits par la nature, puis animé par une âme irraisonnable qui lui apporte en plus la sensation et la passion . Seulement Plotin qui croit encore, bien que faiblement, à la métempsycose , fait entre les animaux une distinction bizarre. Demandonsnous, dit-il, ce qu'est dans les animaux le principe qui les anime. S'il est vrai, comme on l'a dit, que les corps des animaux renferment des âmes humaines qui ont péché, la partie de ces âmes qui est séparable n'appartient pas en propre à ces corps ; tout en les assistant, elle ne leur est pas, à proprement parler, présente. En eux, la sensation est commune à l'image de l'âme et au corps, mais au corps en tant qu'organisé et façonné par l'image de l'âme. Pour les animaux dans les corps desquels ne se serait pas introduite une âme humaine, ils sont produits par une illumination de l'âme universelle 3. 11 est aisé de s'en rendre compte, que l'âme des

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