CHAPITRE IX
joyeusement aux oreilles du public, et l’on se donna plusieurs fois l’honneur d’annoncer de semblables sacrifices, sans avoir cependant cent victimes à offrir au ciel. » On arriva ainsi peu à peu à étendre le nom d'hécatombe à des sacrifices où l’on n’immolait, en réalité, (ju’une douzaine de Boeufs.
Les victimes, de quelque espèce qu’elles fussent, devaient être jeunes, bien conformées, exemptes de toute souillure. Les Bœufs, particulièrement, devaient n’ètre pas Agés de plus de cinq ans, et n’avoir jamais porté le joug. Cependant les Lacédémoniens, à qui Lycurgue avait prescrit une stricte économie, croyaient pouvoir se permettre d’offrir aux dieux des victimes défectueuses et de qualité inférieure. Les Locriens allaient plus loin encore. Lorsque leurs moyens ne leur permettaient pas de sacrifier des Bœufs en chair et en os, ils façonnaient de petits bœufs en bois comme ceux des boites à jouets d’Allemagne, et les offraient aux dieux, qui voulaient bien s’en contenter.
Certains dieux avaient leurs victimes spéciales, choisies, soit d’après une donnée symbolique, soit en souvevenir de quelque aventure que la mythologie leur attribuait, et à laquelle l’animal se serait trouvé mêlé; soit parce que l’animal était considéré comme nuisible aux choses que protégeait le dieu. 11 importe d’ailleurs de ne pas confondre les animaux consacrés aux dieux à titre d’attributs symboliques avec ceux qui leur étaient voués comme victimes. Ainsi, on n’immolait point d’Aigles à Jupiter, ni de Paons à Jtinon, ni de Chouettes à Minerve. Toutefois, cetto règle souffrait des exceptions.