CHAPITRE X
La superstition au moyen âge. — Sorcellerie. — Déinonomanie. — Zoolâtrie. Les animaux-démons. — Serpents, Boucs et Chats. — La Lycanthropie. — Comment une femme pouvait se métamorphoser en Chatte. — Les animaux ensorcelés. — Cochons voué» à saint Antoine. — Saint lîlaise et les Cerls. Daims et Chevreuils. — L'Ours de saint Jacques l’Assyrien. — Saint Bernard et les mouches île Frognv. — Saint Hugues et les Serpents. — Les procès contre les animaux. — Un avocat des Rats. — Procès civils. — Arrangements amiables. — l'n contrat avec les Cantharides. — Insectes excommuniés. — Rats déportés. — Saint Kldrad et les Serpents. — Procès criminels. — Scélératesse des Cochons. — Un Pourceau brûlé. — Exécution d'une Truie. — Un Coq et son «puf. — Condamnation d’un Taureau. — Jugement rendu contre un Porc. — Un Mulet au bûcher.
La superstition fut un des fléaux du moyen ;1ge. Ce que les anciennes religions de la Grèce, de Rome et des nations barbares avaient de plus mauvais ; ce qui même n’était point de leur essence, et que répudiaient non-seulement les philosophes, mais tous les hommes sensés de l’antiquité, survécut à la ruine du polythéisme officiel. Il se forma, par le mélange des anciennes croyances avec les dogmes du christianisme, une sorte de religion hybride dont les progrès furent singulièrement favorisés par l’absence de toute philosophie, de toute science digne de ce nom , do tout critérium permettant de distinguer le vrai du faux, le possible de l’impossible, et aussi par les misères de cette sombre époque où chacun s’évertuait à trouver dans un monde chimérique quelque