LES COMBATS D’ANIMAUX
banques qui avaient dressé sur la place leurs baraques de toile et de planches , se trouvait un montreur d'Ours. Cet homme s’avisa de promettre vingt francs au lutteur qui réussirait à vaincre le grand Ours des Pyrénées, le terrible Martin. Gréai attraction! La foule envahit la baraque. Un Ours de belle taille, dûment enchaîné et musclé , dormant d’un léger somme attendait les champions. A la vue de ce respectable Plantigrade, les plus forts et les plus hardis paraissent hésiter.
— Allons, messieurs, crie le saltimbanque : Martin est prêt. C’est la force unie à la douceur. Ne craignez rien, approchez! Vingt francs, il s’agit de gagner vingt francs!
— Eli bien , me voici, dit un homme en franchissant lestement la barrière.
C’était un ouvrier forgeron. Il ôte sa veste, et retroussant ses manches met à nu deux bras musculeux.
Au signal donné par son maître, l’Ours agite sa chaîne, pousse un grognement formidable, et se dresse sur ses pieds de derrière. Les spectateurs frémissent. Mais l’ouvrier, sans se laisser intimider :
— Attends, attends! nous allons voir si tu connais la boxe !
Et marchant droit à l’Ours, il lui détache sur le mufle une demi-douzaine de coups de poing. A cette attaque imprévue, l’Ours perd contenance. Son adversaire alors
le preml à revers, et lui envoie au-dessous des reins
un vigoureux coup «le pied. L’Ours se met à fuir, malgré les jurons de son maître, qui l’excite au combat.
— Arrête donc, grand lâche! crie l’ouvrier en le poursuivant.