‹ L'homme et la bêteChapitre 181 sur 232 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Les rornbals d’animaux. — La barrière du Combat- — Les combats forains. — Les Ours lutteurs. — L’Ours, son maître el l’ouvrier forgeron. — Les combats d animaux eu Angleterre. — Dcradème des Bull-dogs. — Bull-terriers, Terriers à poils ras et Griffons- terriers. — Combats de Chiens et de Rats. — Manie des paris. — I*e Bull-terrier Ting et ses exploits. — Un combat de Chiens et de Rats à Paris. — Les combats de Coqs.

Revenons aux combats d'animaux. Il y avait jadis à l’extrémité d’un des faubourgs les moins comme-il-faut de Paris, entre la Yillette et Bellcville, un lieu spécialement affecté à ce genre de spectacles, et qui n’était pas fréquenté par ce qu’on peut appeler le beau monde. Ce lieu était situé près d’une barrière à laquelle ce voisinage avait fait donner le nom de barrière du Combat. Cela ne ressemblait en rien aux amphithéâtres romains, pas même à nos cirques équestres. Des bâtiments d’assez sinistre apparence entouraient une vaste cour quadrangulaire sablée au milieu. Point de gradins ni de banquettes : les spectateurs et les parieurs, ainsi que le maître du lieu et ses valets, se tenaient delwut sur la bordure de pavés qui encadrait l’arène. Un anneau de fer solidement fixé au centre servait à attacher les animaux dangereux , qui ne pouvaient se mouvoir que dans un cercle ayant pour rayon la longueur de leur corde ou de leur chaîne. C’était tantôt un Taureau, tantôt un Ours ou un Loup, — quelquefois un

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malheureux Ane hors de service, — que l’on mettait aux prises avec des Chiens. Ceux-ci appartenaient à des particuliers qui les amenaient là pour les faire valoir, et qui, en outre des satisfactions d'amour-propre que leur procuraient les prouesses de leurs Chiens, retiraient souvent, soit de leur association avec le propriétaire de l’arène , soit des paris qu’ils tenaient contre les spectateurs, d'assez jolis bénéfices.

M. Théophile Gautier, dans ses Caprices el zigzags, et M. J. Janin, au début de son roman l’Ane mort et la femme guillotinée, ont raconté les drames à la fois burlesques et lamentables «pii se jouaient sur l’arène de la barrière du Combat. La police a depuis longtemps fait fermer cet étrange théâtre et interdit les combats d’animaux. Je ne l’en blâme point.

Cette interdiction, du reste, n’atteint pas certaines « luttes à armes courtoises » qui se donnent souvent dans les baraques foraines. Le « tenant » , d’ordinaire, est un Ours ou un Ourson apprivoisé, et de plus muselé, avec lequel les • amateurs sont invités à venir se mesurer. Il ne manque jamais de s’en présenter plusieurs , dont quelques-uns naturellement sont des compères. Chacun a son tour. L'homme et l’Ours ou le gamin et l'Ourson se prennent à bras le corps, et c'est à qui des deux terrassera ou, pour parler l’argot de l’endroit, tombera l’autre. Les choses se passent en général fort gàiment, au milieu des cris et des éclats de rire delà galerie. Cependant, la joute dégénère parfois en querelle et en rixe, comme il advint un beau dimanche de l’année 1869, à Chàtelineau, près de Charleroi. C'était lu fête du pays. Parmi les saltim-

l*i barrit I? du Combat.

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