‹ L'homme et la bêteChapitre 194 sur 232 · LES COURSES DE CHEVAUX · texte numérisé non relu

LES COURSES DE CHEVAUX

wagons de chemins de fer, on n’entend plus qu’un sujet de conversation : Who will be the winner (qui emportera le prix) ? De jour en jour l’émotion et la curiosité augmentent. La fièvre du Derby Derby fever) se communique du turf market (marché du turf) à toutes les classes do la société. On parie avec fureur sur des Chevaux qu’on n’a jamais vus, et dont quelques-uns ne doivent même pas concourir. Dans certaines rues de Londres , la circulation est interceptée par la foule des hommes qui spéculent sur les courses. Les femmes, que dis-je? les enfants eux-mêmes n’échappent point à cette maladie qui est dans l’air. L’écolier qui se rend à la classe du matin avec quelques livres serrés dans une sangle de cuir a peut-être oublié d’étudier sa leçon; mais demandez-lui les noms des Chevaux que soutient sur le marché la faveur publique , il les sait par cœur.

« Cette fête nationale est ainsi devenue avec le temps une institution qui domine même les affaires de l’État, qui exerce la plus grande influence sur les mœurs anglaises, qui déplace chaque année un grand nombre de fortunes par la manie du jeu 1 . »

C’est insensé, je l’avoue; mais au moins ça n’est ni bien dangereux pour les hommes ni cruel pour les animaux. Après tout , les gens doivent être libres de se divertir à leur façon , voire de se ruiner, si bon leur semble. De l’Angleterre le goût des courses de Chevaux s’est étendu dans les autres pays de l'Europe , et les Français n’ont pas été les moins empressés à les adopter, en empruntant

1 L'Angleterre et la vie anglaise; 3' série : scènes et mœurs du turf. — (4 vol. in-18, Paris, J. Hetzel, éditeur.)

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