CHAPITRE VI
aux Anglais leurs Chevaux de sang, leurs jockeys , leurs procédés d’entrainement et leur langage technique. Mais il n’y a chez nous qu’un certain monde qui s’intéresse à ce divertissement ; la masse de la population y est demeurée parfaitement indifférente. L’introduction en France des courses de Chevaux serait donc sans inconvénient si le gouvernement, et à son exemple quelques municipalités n’avaient cru devoir les encourager et les subventionner dans d’assez larges proportions, sous le fallacieux prétexte d’améliorer la race chevaline. — Comme si la fabrication (qu’on me passe ce mot) du Cheval de course, d’une béte efflanquée, tirée en longueur, impropre à tout service, incapable d’autre chose que de fournir une ou deux fois l’an une course de cinq minutes sans autre charge (pie cette réduction d’homme qu'on appelle un jockey, — comme si, dis-je, cette création de pure fantaisie pouvait passer pour un perfectionnement de l'espèce équine!... Que les gentlemen du Jockey-Club et les autres sportsmen imités de l’Anglais payent au poids de l’or leurs bêtes pur sang aux jambes démesurées, à la tête de bique et aux lianes évidés; qu'ils les fussent courir à La Marche ou ailleurs; qu’ils se ruinent ou s’enrichissent à parier pour Gladiateur, pour Éclipse ou pour Ecening-Star ; qu’ils se cotisent pour décerner des prix aux vainqueurs du Steeple-chuse, cela les regarde. Mais que l'État se permette d’employer l’argent des contribuables à favoriser d'aussi vains amusements, c’est, à mon sens, un abus criant , et l’on ne saurait réclamer avec trop d’insistance contre ce ridicule gaspillage des deniers publics.
Course/ de Chevaux.