L’ÉDUCATION KT I, 'INSTRUCTION DES ANIMAUX
S’agit-il d’instruire un animal d'intelligence supérieure, tel, par exemple, (pie le Chien, le Singe, le Cheval, l'Eléphant, de l’accoutumer à obéir au moindre mot, au moindre signe, d'obtenir de lui des actes en apparence très-compliqués et très-réfléchis : d’innombrables expériences montrent qu’on peut, sans beaucoup de peine, pousser très-loin ces sortes d’éducations. « Je suis parvenu, dit Adrien Léonard, au moyen d’une espèce de formulaire , à tirer de mes Chiens tout ce que je veux, et à leur faire exécuter, ou simple commandement, les actes les plus opposés. Ainsi je puis leur dire : Allez vous coucher ; puis, les arrêtant tout à coup dans leur impulsion, leur commander de venir à moi; leurs dire : Soyez gais; puis, un instant après : Soyez tristes; mettre un morceau de pain devant Braque et dire : Voilà pour Phylax; un autre devant Phylax et dire : Voilà pour Braque , sans que l’un prenne le morceau destiné à l’autre; bien plus, les laisser un temps indéfini devant ces deux morceaux de pain, et leur dire en hâte : Manges, sans que ni l’un ni l’autre ne se trompe sur le morceau qui lui était destiné, bien (pie ce morceau ne soit pas placé devant lui ’. »
Quant aux Chiens savants, tout le monde en a pu voir sur les places publiques, dans les baraques foraines, dans les cirques et même au théâtre ; car l’art dramatique le plus relevé n’a pas dédaigné de faire intervenir ces personnages à quatre pattes. J’ai vu un Chien jouer trèsconvenablement le rôle de Blaireau dans le Mauprat de
1 Essais sur l'éducation des aumavx; Lille, 1842.