‹ L'homme et la bêteChapitre 197 sur 232 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

résultat a été obtenu. L’œuvre accomplie est donc ici de mince valeur.

Il en est autrement lorsque l'Homme, au lieu de se borner à façonner, par une hygiène artificielle et contre nature , les organes et les membres de l’animal , s’adresse à son intelligence et à ses sentiments; lorsqu’il s’en fait non-seulement obéir, mais écouter, comprendre, et, pour tout dire, respecter. Là est son vrai triomphe, la preuve irrécusable de son immense supériorité. Un Alcide forain qui lutte corps à corps avec un Ours, un picador agile qui déjoue par ses évolutions les attaques aveugles d'un Taureau furieux ne m’inspirent aucun intérêt; tandis que je ne puis considérer sans une sorte d’admiration la fillette de cinq ou six ans qui, une badine à la main, conduit au pâturage, en se jouant , les Vaches confiées à ses soins; ou de petits enfants jouant à cache-cache avec un énorme Terre-Neuve; ou l’Homme monté sur la nuque d’un gigantesque Éléphant, et menant par l’oreille ce colosse qui, s’il le voulait, le jetterait à terre d’un coup de trompe, et l’écraserait sous son pied comme nous écrasons un Insecte.

Presque tous les animaux, même ceux que nous regardons comme les plus inférieurs, sont, je l’ai dit déjà , plus ou moins susceptibles de soumission à l’Homme, d’éducation et d’instruction. Toutefois le succès dépend plus encore de l’intelligence, de la docilité et des heureuses dispositions de l’élève que de l’habileté du maître. Celui-ci doit posséder seulement quelques qualités indispensables : la confiance en soi , la fermeté , la douceur, la patience.

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