‹ L'homme et la bêteChapitre 39 sur 232 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

poser que les anciens Égyptiens avaient reçu de l’étranger des Chevaux dressés avant d’avoir su dompter l’Ane, qui vivait chez eux à l’état sauvage; mais rien ne nous autorise à supposer qu’il en fut ainsi, et suivant toute probabilité les habitants de l’Egypte ont dû faire usage de l’espèce indigène, c’est-à-dire de l’Ane, avant de se servir du Cheval, qui est une espèce exotique. »

Voilà ponr les Égyptiens ; mais ce raisonnement ne semblerait pas devoir s’appliquer aux Hébreux, aux Chananéens,aux Chaldéens, (pii, étant plus à portée de se procurer des Chevaux que des Anes, auraient dû employer la première espèce avant la seconde. M. Faye a trouvé dans la Bible un passage duquel il croit pouvoir conclure qu’au temps d’Abraham il y avait à la fois en Chanaan des Chevaux et des Anes; et il s’appuie sur ce que dans ce passage il est parlé de Mulets. Or la présence des Mulets suppose nécessairement celledcs chevaux. M. Faye admet seulement que les patriarches n’avaient pas de Chevaux. « Et cela, dit-il, se conçoit, car le Cheval était et est encore en ces pays un animal de grand luxe et de guerre. Délicat et difficile à nourrir, il ne pouvait guère trouver place dans ces immenses troupeaux de Chameaux, d’Anes, de Bœufs et de Brebis qu’Abraham, Loth, Laban ou Jacob menaient avec eux si péniblement, par petites journées. Mais à côté des grands espaces parcourus par ces chefs nomades récemment arrivés de Chaldée, il y avait des villes habitées par des populations relativement autochthones, agricoles, commerçantes, plus ou moins riches et belliqueuses, et celles-là devaient posséder des Chevaux, puisqu’au témoignage si précis de la

Genèse, on rencontre îles Mulets dans les maigres pâturages du désert dès l’époque des premiers patriarches. » Cet argument serait sans réplique si les Mulets dont parle la Genèse, au verset 21 du chapitre XXXVI', cité par M. Faye, étaient bien de vrais .Mulets, c’est-à-dire des métis d’Ane et de Cheval. Mais, selon M. Roulin, c’est le contraire qui est prouvé, et ces prétendus Mulets se-

Anesse et son Alton.

raient, en réalité, une troisième espèce du genre Eyuus, qu’Aristote a décrite, dans son Histoire des animaux , sous le nom de Mule de Syrie, et que M. Milne Edwards croit être l’Hémione , animal intermédiaire , par sa taille et par ses formes, entre l’Ane et le Cheval, mais spécifiquement distinct de l'un et de l’autre.

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