CHAPITRE VF
tion est fort élastique. 11 est certain aussi que le nombre des animaux auxiliaires, et surtout celui des animaux alimentaires, pourrait s’accroître notablement, si l’on voulait faire des efforts un peu suivis pour soumettre à l’Homme tant d’espèces dont on ne s’est guère occupé jusqu’ici que pour les détruire.
Arrêtons-nous seulement à celles qui pourraient devenir pour nous des auxiliaires. Mais d’abord, et pour éviter toute équivoque, entendons-nous sur le sens qu'il faut attribuera ces mots : domestication, domesticité; car il importe de ne pas confondre avec les animaux domestiques ceux que l’Homme se contente de retenir en captivité, ni même ceux qu’il a su apprivoiser. Isidore Gcoffroy-Saint-Hilaire me semble avoir très-bien défini et distingué ces trois états de captivité, d’apprivoisement et de domesticité, oti peuvent être réduits les animaux. « Un animal captif, dit-il, est comparable à un prisonnier arraché violemment à ses habitudes, et prêt à reprendre sa liberté à la première occasion favorable. Un animal apprivoisé, au contraire, peut être assimilé à un esclave qui , réduit en servitude dès son enfance ou depuis de longues années, vit paisiblement sans espoir, souvent même sans désir de liberté, sous un joug que U habitude lui a rendu léger. La captivité n’étant qu’un état passif, l’Homme peut y soumettre tous les animaux sans exception. L’apprivoisement, au contraire, est un état actif, qui suppose chez l’animal la possibilité de se plier à de nouvelles habitudes, la connaissance du maître, et par conséquent un certain degré d’intelligence et de volonté. On voit par là qu’un grand nombre d’animaux,
LKS ANIMAUX DOMESTIQUES.
notamment ceux des classes inférieures , ne sauraient être véritablement apprivoisés, mais seulement pliés ou accoutumés à la privation de leur liberté.
« En retenant captifs et en apprivoisant des animaux, l’Homme n’a souvent pour but que de se procurer un plaisir. Tel est, par exemple, le cas que présente l’apprivoisement des Oiseaux au chant mélodieux et au brillant plumage. Mais quelquefois il se propose de tirer une utilité quelconque de ses nouvelles conquêtes. Ainsi,
Ciiitlc.
plusieurs Oiseaux comestibles, les Ortolans, par exemple, dans le midi de la France, avant d'être livrés à la consommation, sont retenus captifs pendant quelque temps et gorgés d’une nourriture abondante , afin de rendre leur chair plus succulente. Ainsi encore, des Civettes, des Autruches, des Marabouts sont souvent élevés, en Afrique, par les naturels, désireux de se procurer pour eux-mêmes, et surtout pour le commerce, les produits précieux de ces animaux.