‹ L'homme et la bêteChapitre 44 sur 232 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

« Des exemples plus remarquables encore, puisqu’il s’agit ici non plus de simple captivité, mais d’apprivoisement porté aussi loin que possible, nous sont offerts par le Gerfaut, le Faucon, le Hobereau et autres espèces d’Oiseaux de proie, que les fauconniers dressent à la chasse ; par le Guépard , que les Indiens ont quelquefois contraint à leur rendre de semblables services; enfin par l'Éléphant, dont les Indiens, à toutes les époques historiques, et les peuples du nord de l’Afrique , dans l’antiquité, ont su se faire à la fois un esclave docile pendant la paix et un si redoutable allié pendant la guerre. Ces derniers exemples nous montrent des animaux simplement apprivoisés, rendant autant de serv ices à l'Homme que les espèces le [tins complètement domestiques. Toutefois une différence capitale sépare les uns des autres : c’est l’impossibilité où l’Homme a toujours été, où il est encore de multiplier les premiers en raison de ses besoins. Ici donc l'Homme ne possède, comme dans tous les autres cas d’apprivoisement, que des individus en plus ou moins grand nombre, enlevés isolément à la vie sauvage. Ce n’est qu’une conquête imparfaite, mal assurée, et dans laquelle l’Homme no peut se maintenir que par l’emploi sans cesse renouvelé des moyens qui l’ont fondée primitivement.

« La véritable domesticité, au contraire, offre pour caractère essentiel la possession acquise à l’Homme, non pas seulement d’individus isolés, quelque nombreux et quelque apprivoisés qu’on veuille les supposer, mais d’une race. Alors la conquête est complète, assurée indéfiniment. Les générations d’autrefois, en domestiquant

LES ANIMAUX DOMESTICABLES

les animaux et en les obligeant, après s’êlre livrés euxmênies à l’Homme, de lui livrer aussi leur postérité, ont transmis aux générations qui leur ont succédé, nonseulement leur exemple et leurs enseignements, mais les résultats eux-mêmes et, pour ainsi dire, les produits ma-

Autruche. — Marabout. — Faucon.

tériels de leur industrie. La domestication d’une espèce est donc la conquête de cette espèce, accomplie au prolit de tous les hommes et transmise aux générations futures. » 11 est fort peu d’animaux, même des plus farouches, qui ne puissent être domptés ou apprivoisés (je ne parle,

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