‹ L'homme et la bêteChapitre 48 sur 232 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

le Guépard tacheté, la seconde est le Guépard à crinière. C’est ce dernier qui, comme on l'a vu plus haut dans un passage emprunté à I. Geoffroy-Saint-Hilaire, est dressé à la chasse depuis des siècles par les princes et les grands personnages de l’Orient. Les Guépards employés à cet usage ne sont qu’à demi apprivoisés. On se contente de diriger et de modérer leur instinct, pour tirer parti de leur adresse à saisir le gibier. La méthode suivie à cet effet ne diffère pas de ce qui se pratique dans la fauconnerie. Le Guépard, chaperonné comme un Gerfaut ou un Émerillon , est pris en croupe par le chasseur , ou placé sur un chariot spécial. Lorsque le gibier est en vue , on enlève à l’animal son chaperon, et on lui montre la proie, sur laquelle il s’élance aussitôt , suivi de près par les piqueurs. Ceux-ci dès que la pièce est abattue s’empressent de remettre au Guépard son chaperon ; après quoi il se laisse ramener sans résistance. Mais le Guépard est susceptible d’une éducation beaucoup plus complète. On peut, à cet égard, s’en rapporter à M. Brehm, dont les assertions s’appuient sur des expériences personnelles.

a J’ai eu longtemps, dit-il, des Guépards captifs en Afrique; nous en avons au Jardin de Hambourg; jamais chez aucun je n’ai trouvé trace de férocité. Cet animal est foncièrement très-doux ; attaché, il ne lui vient pas à l’idée de ronger le faible lien qui le retient; jamais il ne cherche à blesser ceux qui s’occupent de lui, et l’on peut sans crainte s’en approcher, le flatter, le caresser. » Suit l’histoire très-intéressante, mais trop longue pour que je la transcrive ici, du Guépard Jack, dont M. Brehm a longtemps fait son compagnon, et celle d’autres Guépards,

LES ANIMAUX DOMESTICABLES. 119

également apprivoisés et du commerce le plus agréable ; après quoi le savant naturaliste formule cette conclusion, que a le Guépard sert de transition entre le Chat et le Chien, et que par ses mœurs il se rapproche beaucoup plus de l’ami de l'Homme que de son hypocrite parent. » Il est un autre Chat, mais un seul, que M. Brehm juge

Le Lion.

aussi apprivoisable que le Guépard : ce n’est ni plus ni moins que Sa Majesté le Lion en personne. Et nul assurément ne le démentira. Les histoires authentiques do Lions familiers , de Lions reconnaissants , les preuves de dévouement, de magnanimité données par le roi des animaux sont tellement nombreuses et ont été si souvent

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