CHAPITRE VII
et foulé sous les pieds de la monture. Mais, d’autre part, Corse affirme que la seule o<leur du Tigre inspire à l’Éléphant une frayeur telle, que tous les efforts du mahoud sont souvent impuissants à empêcher sa bête de le jeter bas et de s’enfuir.
En résumé, l’Éléphant rend actuellement, comme animal captif et simplement apprivoisé, tous les services qu’il peut rendre. Il n’y aurait aucun intérêt pratique et économique à renouveler, pour sa domestication , des efforts qui dès le principe sont restés impuissants; il y en aurait encore moins à tenter de l'acclimater en Europe. M. Victor Meunier en convient, « Cependant , dit-il , nous ne nous résignerions pas à voir ces monuments zoologiques disparaître de la surface de la terre ; et tel est le sort qui attend infailliblement les Éléphants si l’Homme ne les prend à son service. » J’approuve et je partage le sentiment exprimé dansla première partie de cette phrase; mais l’idée que M. V. Meunier formule en dernier lieu me paraît trop absolue. Sans doute l’Homme a une déplorable tendance à détruire les êtres qui l’entourent, dès qu’un intérêt direct, immédiat et palpable ne le décide pas à les conserver; et il est en train d’anéantir ainsi, avec une imprévoyance et une cruauté contre lesquelles j'ai déjà plus d’une fois protesté, des espèces non-seulement inoffensives, mais incontestablement utiles. Mais il est permis d'espérer encore que cette manie de meurtre se corrigera avant que les Éléphants aient été entièrement exterminés. S’il faut d'ailleurs pour les sauver que l’Homme les ait pris à son service, je ferai remarquer que quant à présent cette condition se trouve remplie, au
Chasse au Tigre clans l’Inde.