LES ÉLÉPHANTS A LA GUERRE
assez mal à l'aise dans leurs tours de bois, ballottés sur le dos des Éléphants et renversés avec ceux-ci lorsqu’on réussissait à les tuer ou à leur couper les jarrets.
Depuis l’invention de la poudre on a dû renoncer, même dans l’Inde, à faire jouer aux Éléphants le rôle de héros, attendu qu’il a été impossible de les habituer aux détonations des armes à feu. Il faut donc considérer comme autant de fables les prétendus faits d’armes attribués à des Éléphants dans les batailles modernes , et notamment celui d’un certain Éléphant-artilleur nommé Kubadar- Moll, dont tous les journaux ont raconté la conduite héroïque pendant un des combats livrés en 1858 par les Anglais aux Cipahis révoltés. Cet animal, qui , dit-on , passait les gargousses aux artilleurs et qui, voyant tomber le dernier de ceux-ci, aurait mis lui-même le feu à un obusier, dépasserait par trop le niveau commun de l’intelligence et de la bravoure chez scs pareils. Il y a longtemps , je le répète, que les Indiens et , a fortiori, les Anglais n’emploient les Éléphants à la guerre que pour le transport de l’artillerie et des bagages. Lorsqu’on en vient aux mains, on a soin de les laisser, sous bonne garde, à une assez grande distance du champ de bataille pour qu’ils ne soient pas effarouchés par le bruit.
En dehors du service des armées en campagne , l’Éléphant est resté dans l’Inde une bête de travail et de luxe. Les personnages importants , indigènes et européens, le montent , soit pour se promener et voyager, soit pour aller à la chasse au Tigre. On prétend que cette chasse offre ainsi peu de danger, et que lorsque le Tigre essaye de se jeter sur le chasseur, il est bientôt saisi par la trompe
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