‹ L'homme et la modeChapitre 32 sur 37 · ACTE II, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE V

(onnesdisposilions, car vous n'avez sans doule pas ou- ►lié que nous avons un ancien compte à régler ensemle... je pense que M. Lurlubie voudra bien me perleilre de passer le premier.

LLRTUBIE.

De toui mon cœur... je vous cède la place pour tout B lemps que vous voudrez.

VICTOR

Je croyais loul fini enire vous et moi, et je ne vois •as de motifs.

DOLBAC.

Je vous trouve de trop ici, et comme je suis trop lien appris pour vous prier de vous retirer, il faut que leraain malin l'un de nous deux ait fait place à l'autre. LURTLBiE, à part.

Ils parlent de ça avec un sang-froid !

VICTOR

il y a quelques mois vous agissiez avec moins de céémonie.

DOî.BAC.

Finissons, monsieni ; refusez-vous de nouveau de 'ous mesurer avec moi ?

VICTOR

Refuser de me balire, ali ! vous plaisantez , mon ilii.r.

LURTLBiE, à pari.

C'est à moi seul qu'il en veut.

VICTOR

Mais, je voudiaisau moins un prétexte à ce conibat, n mulif quelconque.

DOLBAC.

Eii bieni monsieur, puisqu'il faut vous le dire... de-

puis voire arrivée flans ce bal, M"* de Verrière n'est' plus la même avec moi.

J'en suis désolé pour vous, d'honneur î

DOLBAC.

Elle est distraite, rêveuse... Je le vois, vous occupez sa pensée... vous devez trouver ce motif suffisant pour queje veuille me battre avec vous.

VICTOR

Ce t^ue vous venez de me dire a lieu de me flatter... l'emporter sur un rival tel que vous, c'est un triomphe auquel il ne manque rien, puisque vous le proclamez vous-même.

DOLBAC.

Finissons, je vous prie.

VICTOR

Je siiis trop sensible à votre généreuse conduite , pour ne pas accepter à l'instant votre invitation...

veuillez choisir les arnjes.

DOLBAC.

Le pistolet jusqu'à ce que vous ou moi...

VICTOR

Très-bien ! ..

LURTUBiE. à part.

Ils me donnent la chair de poule.

VICTOR

Il faut la mort de l'un de nous deux, n'esl-il pas vrai ? alors que le sort décide qui de vous ou de moi se brûlera la cervelle , demain, tranquillement dans son lit, sans déranger personne.

ACTt il. SCENE VI. A'P

LURTLBiE, à part.

Mais c'est un canuibale !

DOLBAC.

Ce n'est pas là un combal, monsieur.

VICTOR

F'ourquoi donc?... supposez que deiuain nous lirions un .sur l'autre à bout portant, une seule arme élanl laigée, ce serait un coup du hasard... ces dés peuîni tout aussi bien régler noire destinée... c'est plus rigiiial... on nous copiera , bien sûr... c'est si comode !...

Air : Muis. malheureux, que veux-tu faire? Ah I d'honneur, pour entrer en lice Ce moyen est des plus parfaits.

Nous échappons d'abord à la justice Et puis ensuite aux regards indiscrets... Et le malin ne fait il pas trop frais... UOLBAC, parlé.

Je consens !...

• Il prend un cornet dans le trictrac.) LURTUBiE, d part.

D'un tel combat, je le jure d'avance, Je ne crains pas de jamais m'enticher ; Que je serais malheureux, quand j'y pense, D'avoir ma mort à me reprocher!

DOLBAC.

allons, monsieur. le point le plus bas sera la victime.

VICTOR

Voici la vie ou la murl...

DOLB c. lanainl les dès.

Neuf!. . à sous, monsieur.

48 LilOMML KT LA MODE.

SCE3iE Vil.

VICTOR. nOLBAC, M"^^DE VERRiÈRF, M""' DEN- NEVAL, LURTL'BIE.

yme pç. VRRRIÈRE, à part.

Ensemble '... {Haïu.) M. Dolbac. il manque un quatrième à une table de wisl dans le salon bleu.

DOLBAC.

J'y vais, nindame ..

Il remonte et s'arrête au fond, à droite. jjtne ^jj. VERRIÈRE, mniifraiii le côté opposé. M. de Stelval, lont-à-riieure on demandait un. danseur de ce côté.

VICTOR

Madame, je von? obéis..

Dolbac et Victor sortent des deux côtés opposés en ?e faisant un signe d'intelligence.

SCEI>E VITI.

M»^ DENNEYAL, M^^DE VERRIÈRE, LCRTUBIE.

jjinê pj. VERRIÈRE, prenant le milieu de la scène. lis prenaient reudez-vou^ pour se baiire, j"en suis sûre... cl .\E Lurtubie qui autorise par sa présence...

LLRTLBIE, SUrpvis.

Moi, madame ?

M™® DE VERRIÈRE

C'est peut-èlre vous seulement qui avez eu l'idée de i

renouer ce duel 1

LURTL'BIE.

Vous ne me connaissez pas...

m"^^ denneval.

S'il y a quelqu'un de jo ipa!)le ici, c'est certaine-

ACTfc: II, SCElNE VIII. 49

ment vous, ma chère , qui faites naître des rivalités...

LURTLBIE.

La vérité est que ce n'est pas moi... mais que c'est bien pcir vous que cesdeux jeunes gensse disputaient. m"=^ de verrière.

Mais je ne conçois rien à cetieconduite de M. deStel- Tal ; n'a-t-il pas prouvé qu'il ne songeait plus à moi.

M™^ DENNEVAL.

C'est vrai... cependant si vous le vouliez bien, avant la tin de la nuit, ce jeune dédaigneux serait à vos genoux.

m"°^ de verrière.

Vous me supposez nu pouvoir que je n'ai pas.

m""® denxeval.

Dans tous les cas, \ous avez été fort imprudente de séparer ces messieurs sans avoir au moins leur parole d'oublier loiit-à-fait le motif de leur querelle, u™* de verrière.

Vous croyez qu'ils o.seraient...

LURTIIBIE.

Je ne suis pas tranquille, et je vous supplie d'exiger de Victor d'être plus calme... il en veut à tout le^ monde.

M™* DENNEVAL.

Lurtubie a raison, ma bonne amie... il faut que vous parliez à Victor... Vous seule avez le droit d'exiger de lui... je vais vous l'envoyer...

Elle faU un mouvement pour sortir.

m"* de VERRIÈRE.

Arrêtez., non. . je ne veux pas.

M*"^ DENNEVAL.

Ah ! mon Dieu ! on dirait que vous craignez de vous trouver seule avec lui.

M™^ DE VERRIÈRE, vivcmCfll.

Vous vous trompez, madame, priez-le de venir.

m""® DENNEVAL.

A la bonne heure !.. Lurlubie. votre bras...

Ils sorlent par la ganche.

Page 1