ACTE 1, SCENE II
ses que vous écrivez quelquefois... réssemblenl-elles si peu à celles que vous dites toujours ? LCRTUuiE, embarrassé.
Pourquoi ?
DOLBAC.
Mais c'est ioni simple, mesdames... Lurlubie parle pour tout le monde et il n'écrit que pour vous. LDRTUBiE. vivement.
Dolbac me l'a volé, j'allais le dire.
M"^^ DE VERRIÈRE, riant.
Ce pauvre Luriubie est l'homme du monde le plus volé...
Tout le monde rit.
OOLBAC.
Si celle épigramme sort d'ici, vous êtes perdu, moa cher Lurlubie.
m""* denneval.
Je crois bien, un mot de M™^ de Verrière...
LURTUBIE.
Si madame a daigné mettre mon faible mérite à la mode, elle ne voudra pas briser son idole.
M™* UE VERRIÈRE
JNous verrons cela quand vos vers seront terminés.
LURTUBIE. à part.
Je suis un homme de génie... perdu...
11 va au fond et se promène avec Dolbac, les deux dames restent sur le devant de la scène.*
M™* DENNEVAL.
Que vous êtes heureuse, oia toute belle, de dicter ainsi vos lois au monde élégant et d'imposer vos fantaisie à ce Dieu qu'on appelle la mode.
" M"« de Verrière, M'»'* Denneval.
Vous appelez ça du bonheur... être le point de mire de tout ce qu'il y a d'être inutiles et fainéans; ne pouvoir paraître au bois , à l'Opéra ou dans un salon, sans que tous les yeux ne fassent un inventaire minutieux de tout ce que vous portez... n'être abordée que pour subir un interriOgatoire sur la manière de placer un chapeau, de tourner un ruban ou de draper un cachemire.
Air : Il n'est pas mauvais comédien.
Ou, bien de traîner à sa suite.
Celte foule de désœuvrés,
Qui n'ont vraiment d'autre mérite,
Que d'être auteurs très-ignorés;
D'une équestre littérature,
Qui fait des salons les plus beaux,
Une bourse pour la voiture.
Ou bien, un marché de chevaux.
M°'^ DENNEVAL.
Quel tableau !
M'"^ DE VERRIÈRE
Il n'est que trop vrai... car, de tous ces hommages, de tontes ces flatteries, que me reste-t-il?... rien... qu'un souvenir vague damour-propre satisfait... mais pas une parole douce et sensée, pas un regard tendre et sincère... des fadeurs... des lieux communs... de l'esprit quelquefois, de l'amitié franche, de l'amour véritable, jamais .. aussi, après une journée ou une nuit de triomphe... il me semble qu'à la suite d'un rêve brillant, je me suis éveillée dans un désert.