‹ L'Homme et la Terre, 1905, tome 1Chapitre 130 sur 338 · DESSINS ET ORNEMENTS · texte numérisé non relu

DESSINS ET ORNEMENTS

tentatives d'identification entre les races préhistoriques et les races actuelles.

A n'en juger que par leur industrie et le genre d'existence quelle révèle, les « Magdaléniens » de la Vézère et de la Dordognc paraissent avoir tellement ressemblé aux Lapons et aux Eskimaux ou Innuit de nos

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tTNE HUTTE DÉCORÉE DANS LE VILLAGE D'aPATOE (INDE NÉERLANDAISE)

D'après une photographie hollandaise.

jours que plusieurs savants ont été tentés de voir dans ces habitants de la Scandinavie septentrionale et du « Grand Nord » américain les descendants des populations préhistoriques de la Gaule. Refoulés sans cesse vers le nord par le changement de climat qui fondait Us glaces et les neiges, les Magdaléniens, reste unique de nations jadis considérables, auraient suivi les rennes vers les régions polaires, dont les contours géographiques, différant alors des linéaments actuels, faci litaient le passage de l'un à l'autre continent. Ludwig YVilser, le célèbre auteur des Germaneu, nous expose comment, d'après lui, les hommes de Cro-Magnon, refoulés dans la Sandinavie méridionale, y reçurent le baptême fortifiant du climat et se transformèrent en une race essen-

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tiellement privilégiée, celle des Aryens, qui depuis ont civilisé le inonde 1 .

L'étude des anciens ivoires permet aussi de constater quels étaient le gibier du primitif et ses associés parmi tous les animaux que sculpta -ou grava le silex des artistes. Ainsi l'on apprend qu'à l'époque de Solutré, encore pendant la période paléolithique, ou de la pierre non polie, le cheval était domestiqué, du moins comme animal de bou- -cherie, puisqu'on le représente avec son licou, d'abord en sculpture, par bas-relief, puis en traits gravés.

Plus tard, à l'époque tarandienne, lorsque le climat fut devenu plus humide et que la durée des neiges eut fait abandonner le cheval, on domestiqua le renne. Enfin, quand les pluies succédèrent aux neiges, les aborigènes apprirent à dresser une espèce de bœuf, revêtu d'une couverture ou ceint d'une large sangle 2 .

A côté de la peinture proprement dite, qui représentait des personnages et des objets de la nature environnante, les primitifs pratiquaient aussi la simple décoration au moyen de figures diverses, de couleurs en teintes plates, de lignes droites ou courbes, simples ou -entrecroisées. A cet égard, on constate chez les tribus un développement artistique plus ou moins grand, suivant le nombre des formés d'ornement qu'elles ont su découvrir. Ainsi, les Australiens primitifs ne s'étaient pas élevés jusqu'à la connaissance de la spire ou de la grecque 3 . Les nègres non influencés par les musulmans ignorent aussi les spires et les volutes, tandis que les Polynésiens et les Améri- -cains, même ceux qui, par la civilisation générale, sont très inférieurs aux Africains, possèdent un art d'ornement d'une évolution très avancée. Les sauvages de la Guyane et. de l'Amazone connaissent la spire -et la grecque, se plaisent aux figures polygonales, savent enchevêtrer les formes, les occulter, les inscrire les unes dans les autres, d'une manière très complexe. Au moyen de l'alternance et du double plan de symétrie, ils obtiennent des dessins qui plaisent au regard autant que l'art arabe 4 .

Ainsi qu'on eût pu l'affirmer d'avance, la grande variété des formes -extérieures, dans le monde des plantes, des oiseaux, des insectes,

1. Globus, 13 April 1905. — 2. Edm. Piette, mémoire cité. — 3. Brough Smith; — F. Regnault, Bull, de la Soc. d' Anthropologie, fév. VI, p. 536. — 4. F. Regnault, ^mémoire cité, p. 540.

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des coquillages, contribue singulièrement à développer le goût artistique des indigènes. Les Papua de la Nouvelle-(iuinée, baignés dans ce milieu de la plus somptueuse nature, savent orner merveil-

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