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ASIE ANATOLIENNE ET PERSANE

de l'histoire des peuples devenus le plus anciennement conscients d'eux-mêmes. Les vastes contrées qui, par delà le Caucase et la mer Noire, se prolongeaient en espaces inexplorés où soufflait le vent, où tourbillonnaient les neiges, n'existaient point alors dans la connaissance des hommes écrivant des annales sur des tablettes d'argile. De même, à l'Orient, les nations d'outre-montagne restaient ignorées ;

D'après une photographie de Sven Hedin.

VITE PRISE A VOL d'OISEATT DU TAKLA-MAKAN A L'ORIENT W PAMIR

des populations barbares s'y trouvaient pratiquement isolées : la horde, la tribu ou peut-être même la nation vivaient à part, constituant ,des organismes distincts, autant de microcosmes, ne connaissant point et ne voulant pas connaître la parenté sourde qui les unissait. Mais la région centrale de l'Ancien Monde dont l'Iran faisait partie avec l'Egypte, l'Asie Antérieure, la Potamie, l'Arabie et la Bactriane étaient déjà en rapport intime pour les échanges des idées et formaient une sorte d'unité primaire parmi la multitude des hommes qui peuplaient le monde : il faut y voir comme une sorte d'œcumène, antérieur de quelques milliers d'années à celui que forma il y a deux mille ans le monde romano-grec ; leurs représentants étaient ceux qui,

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dans la légende chaldéenne, s'étaient assemblés pour dresser la tour de Babel à leur gloire commune.

Ce n'est pas tout : l'Iranie, si importante dans l'histoire de l'Ancien Monde comme faîte naturel de contact et d'union entre les nations de l'Asie occidentale déjà conscientes de leur solidarité, l'est devenue plus encore par sa position particulière comme lieu d'épanchement des peuples qui, vers l'est et vers l'ouest, se servent également de langues dérivées du. parler primitif dit « aryen », et dont le génie a pris actuellement la direction générale de la pensée dans l'ensemble de l'humanité. C'est en Iranie que se trouve le lien d'union entre les langages européens et ceux de l'Inde septentrionale. A eux deux, ces groupes glossologiques, auxquels il faut ajouter maintenant les langues introduites d'Europe dans le Nouveau Monde et dans tous les pays de colonisation, comprennent huit cent millions d'hommes, presqu'exactement la moitié de ceux que l'on a recensés sur la Terre, et cette moitié semble devoir se changer bientôt en une proportion de beaucoup supérieure, grâce à la force d'initiative qui appartient incontestablement aux peuples de langues aryennes : partout on apprend à parler, à penser comme eux.

Sans doute le temps n'est plus où l'on professait comme un dogme de l'histoire que les civilisations et les races de l'Europe avaient eu l'Iranie pour berceau commun et unique. L'évolution qui s'accomplit aujourd'hui sous nos yeux, l'adoption d'idiomes aryens comme parlers d'usage par tant de peuples divers, blancs comme les Basques, rouges comme les Iroquois, noirs comme les Haïtiens, nous montre que l'emploi d'une langue n'implique nullement parenté de race et que le domaine primitif de l'aryen, si vaste actuellement, a pu être fort minime; il s'accrut autrefois comme il s'accroît de nos jours : par l'ascendant de peuples civilisateurs et par l'action de ces francs voyageurs, gens qui traversaient pacifiquement le monde, apportant des objets précieux, des remèdes, des recettes magiques et disant « la bonne aventure ». On peut compter ces professeurs itinérants, dont les Tziganes sont les descendants ou imitateurs peu considérés, parmi les propagateurs des langues actuellement envahissantes.

On se demande donc où furent les premiers professeurs des formes verbales qu'emploient ou épèlent un milliard d'hommes. Le patrio-

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tisme étant encore une de ces passions auxquelles on obéit aveuglément, le lieu de naissance de la langue aryenne est d'ordinaire désigné par les savants russes comme ayant été quelque part dans les plaines sarmates, par les Allemands comme un district germanique, et par les Scandinaves comme faisant partie de la Suède actuelle. Il n'est pas encore possible de se prononcer, mais une chose est certaine : le mot « aryen » qui sert à l'ensemble des parlers européens et asiatiques

LITHUANO-SLAVES

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