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GRECS

DIAGBAMME DE PICTET

de même origine est bien de provenance iranienne et sanscrite : il signifie « noble » et le nom moderne de la Perse, et Iran », en est considéré par tous comme un dérivé \

Peut-être est-ce bien sur le plateau iranien que se fit la dispersion des premières tribus aryennes vers tous les points de l'espace : un diagramme fameux de Pictet i compare les importances des modifications subies par les langues aryennes, depuis leur origine commune, avec la longueur du chemin qu'eurent à parcourir les peuples qui

1. Otto Schrader, Sprachvergleichung und Urgeschickte ; — Salomon Reinach, L'Origine des Aryens. — 2. Les Origines Indo-Européennes.

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les parlaient. D'autre part, un passage du Zend-Avesta dit en propres termes que le peuple iranien dut se retirer devant une invasion du froid et l'on s'accorde généralement à voir dans les plaines situées au nord du bassin de l'Amu la contrée qu'il eut à déserter.

Les éléments sémitiques (Hehn) et tar tares (Tomaschek) empruntés en grand nombre par les langues aryennes nous ramènent encore par la pensée au plateau d'Iranie, c'est-à-dire à la Perse, située précisément entre la plaine sémitique de la Chaldée et les steppes touraniennes de la Transcaspienne.

Enfin, c'est dans le domaine de l'Iran que se trouvent les restes de populations primitives ayant le mieux conservé le caractère de tribus aryennes dans leur stade de barbarie. Les montagnards enfermés par les hautes parois de l'Hindu-kuch qui s'inclinent au sud pour déverser leurs eaux dans la rivière de Kabul sont considérés par tous les étyrilologistes comme les moins mélangés de tous les Aryens : ce sont eux qui mériteraient le nom d'Aristoi ou d' « Aryens par excellence », si l'étymologie proposée par Brunnhofer i est tenue pour acceptable. La nature environnante, monts sourcilleux presque infranchissables, âpres défilés, cascades et rochers, brousse où l'on ne pénètre que la hache à la main, avaient défendu ces montagnards contre tout croisement avec les gens de nations diverses passant plus bas dans les campagnes ouvertes.

Ces indigènes, auxquels leurs voisins musulmans donnèrent dans les temps modernes le nom de Kafir ou « Infidèles », moins à cause de leur inconversion que pour leur indomptable esprit d'indépendance, ressemblent plus aux Européens que tout autre peuple de l'Asie : il en est même qui ont les yeux bleus et la chevelure blonde. Leur langue, certainement aryenne, se rapproche du sanscrit, et leur culte, très respectueux du feu, rappelle les cérémonies décrites dans les Véda hindous : aucun souffle impur ne doit atteindre la flamme. Des instruments, des meubles, diverses coutumes, la façon de compter par vingtaines parlent également en faveur de la parenté qui unit ces Kafir de l'Hindu-kuch aux Aryens de l'Asie et de l'Europe 2 .

De même, lors de l'arrivée des Russes dans la Turkménie, ils découvrirent, au milieu d'un chaos de populations plus ou moins mélan-

1. Vont Aral bis zur Gangâ, p. 14. — 2. Raverty; — Theobald; — Masson; — Vignes; — Biddulph.

ARYENS DE L'iRAN 357

gées, des groupes strictement aryens réfugiés vers les hautes vallées, sur le versant occidental des Pamir, dans le Karategin, le Darvaz, le Badakchan. Combien sont-ils, ces Galtcha et Yagnaub? Quelques milliers à peine, conservant le type, l'idiome et sinon la religion, du moins les pratiques religieuses des ancêtres, la révérence du foyer domestiquée Du reste, les Galtcha ont bien conscience de la noblesse de leur race, ainsi, ils désignent comme leur ancêtre celui dont le nom résonne le plus bruyamment dans le plus grand nombre de bouches : eux, les pauvres montagnards qui se comparent volontiers aux corbeaux affamés grattant les neiges pour chercher à y picorer quelques grains, se disent issus d'Alexandre, le vainqueur de l'Asie.

Un fait des plus intéressants au point de vue anthropologique place les Galtcha, dont la figure correspond d'ailleurs à ce qui nous paraît être le type le plus parfait du beau, parmi les hommes les plus brachycéphales, c'est-à-dire qu'ils ont une tête relativement fort large, tandis que les fanatiques de l'aryanisme « germanique » aiment à considérer les têtes longues comme l'indice d'une incontestable supériorité 1 .

La Perse proprement dite, à population certainement aryenne pour une ample part, mais diversement mélangée par le métissage, n'apparaît pas dans l'histoire en des siècles aussi reculés que les plaines arrosées par le Tigre et l'Euphrate ; la contrée aryenne le cède donc en apparence à la contrée sémitique par l'antiquité de la culture, mais ce ne peut être là qu'une illusion, car, par l'inclinaison même du relief, par les conditions géographiques du milieu, la Perse est antérieure, pour ainsi dire, à la Mésopotamie : il est impossible qu'elle n'ait fourni les hommes.

En effet, les marais fétides dans lesquels s'épanchaient les fleuves en crue et qui se desséchaient au soleil lors de la décrue furent d'abord complètement inhabitables; la culture qui se fit par degrés, refoulant devant elle la brousse et le marécage, descendit graduellement des vallées persanes. Les colons suivant la pente du sol par les campagnes salubres qui bordent les torrents furent les premiers éléments ethniques des plaines basses ; à eux le mérite

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