‹ L'Homme et la Terre, 1905, tome 1Chapitre 236 sur 338 · Chaldéens · texte numérisé non relu

Chaldéens

On remarquera une certaine divergence entre le texte et les renseignements de la carte, ici, les Elamites sont considérés comme ayant été aryanisés — Aryens et non Ariens.

deuxième place, après le perse, )est occupée par une langue agglutinative dans laquelle certains spécialistes croient reconnaître une parenté

406 l'homme et la terre. — iranie

avec les idiomes turcs : cette langue était le parler populaire (mède? néo-anzanite ?) qui, représentant la tradition, reçut en conséquence un rang d'honneur avant le babylonien, suivi à son tour de l'égyptien dans les édits quadrilingues 1 . En deux endroits de l'ancienne Médie, mentionnés par SpiegeP, les explorateurs ont signalé des inscriptions en une seule langue, certainement touranienne, dit-on, que parlaient les anciens habitants du pays dominé par les conquérants aryens.

Les savants ne sauraient encore se hasarder à dire dans quelle proportion les deux éléments ethniques se trouvaient représentés dans le mélange des populations de la Médie, quoique le fait de la communauté d'origine entre nos langues de l'Europe occidentale et le parler aryen des Perses nous porte, par un instinct naturel d'égoïsme, à donner aux Aryens de l'Iran un rôle prépondérant au point de vue numérique aussi bien que politique, et à placer volontiers au premier rang les Perses proprement dits.

I)u reste, la lutte, ayant cessé entre les peuples, puis entre les langues, n'en continua pas moins sur un autre terrain et particulièrement quant au mode de penser et d'agir entre la religion dualiste des Aryens et le magisme ou chamanisme des Touraniens 3 ; mais cette opposition fut sourde et inconsciente, elle n'empêcha point de se manifester un autre antagonisme qui, en quelque sorte, a subsisté jusqu'à nos jours.

Les indigènes de l'Iran, portés naturellement, comme les autres peuples, à se donner une valeur de premier ordre parmi les groupes ethniques, ne se trompèrent point quand ils revendiquèrent pour leur pays une influence prépondérante, en le comparant avec les régions des alentours, souvent désignées sous le nom de Touran. Ce mot, maintes fois prononcé par les Iraniens avec une expression de haine et de mépris, analogue à celle que manifestaient les Chinois à l'égard des « diables étrangers », s'appliquait spécialement aux populations errantes qui parcouraient lés vastes plaines situées au nord du .«Paropamisus, entre les rubans de verdure qui bordent l'Oxus et le Iaxartes. Par extension, ce terme de Touran comprit tous les territoires du Nord

1. Oppert, Le Peuple et la langue des MM.es ; Lenormant, passim ; J. Halévy, La prétendue langue d'Accad ; Les prétendus mots sumériens, J. de Morgan. — 2. Erân, p. 34. — 3. Fr. Lenormant, Les premières Civilisations.

IRANIE ET TOURANIE

asiatique jusqu'à l'océan Glacial et à la mer de Bering : en réalité, les Perses, ainsi que les Juifs, les Hellènes, en étaient venus à se considérer comme formant l'humanité par excellence, un peuple divin. Tout le reste ne constituait qu'un ramassis d'êtres indignes, n'ayant guère droit au nom d'hommes. Dans son ensemble, le Livre des Bois, de Firduzl, n'est autre chose que l'histoire de la guerre sainte entre les héros et les monstres, entre les bons et les mauvais génies, entre l'Iran, représentant le bien, et le Touran, symbole de tout ce qui est mal. D'ailleursl'appellation

D'après une photographie de .T. de Morgan (Mission archéologique en Perse).

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