‹ L'Homme et la Terre, 1905, tome 1Chapitre 250 sur 338 · FANTASSINS MÈDES ET PEBSES · texte numérisé non relu

FANTASSINS MÈDES ET PEBSES

IRANIE

remettre de cette secousse, et, le danger écarté, ils ne songèrent qu'à en finir avec les Assyriens. L'empire médique s'établit sur les ruines de l'empire ninivite, la capitale fut rasée et son nom ne reparaît plus dans l'histoire.

Les souverains mèdes étendirent rapidement leur domination desabords du golfe Persique à ceux du Pont-Euxin et de la vallée de l'Hel-

D'après une photographie de J. de Morgan (Mission archéologique en Perse).

STELE PAKTHE ET STELE PEKSANE, BISUTUN

mend à celle du Halys en Asie Mineure, mais ce fut une puissance relativement pacifique. Au lendemain des exploits des Sargon et des Assurbanipal. on est tout étonné d'entendre parler de périodes de paix et de traités d'alliances. La Mésopotamie avait aidé la Médie à abattre Ninive : un pacte d'amitié, scellé entre Nabupalussur, roi de Babylone, et Kyaxarès, roi d'Ecbatane, fut observé par leurs successeurs Nabukuclurussur (Nabuchodonosor) d'un côté et Astyagès de l'autre. La Lydie avait résisté aux premières attaques des Iraniens ; se sentant de force égale, les combattants firent la paix, qui dura aussi longtemps que l'empire mède. Mais un chef perse prit les armes contre son suzerain ; Astyagès fut renversé par Rur, personnage plus ou moins légendaire,

EMPIRE DES PERSES 435

et l'empire des Mèdes. et des Perses fit place à celui des Perses et des Mèdes.

A peine monté sur le trône, Cyrus rassembla en une seule puis-

N° 70. Pays des Perses.

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sance agressive tous les éléments ethniques, naguère hostiles, qui se trouvaient dans son empire, et, comme tant d'autres despotes avant et après lui, il essaya de réconcilier les partis opposés en les lançant en dévastateurs sur les contrées étrangères. Ainsi commença, pour se continuer sous les Akhéménides, cette longue période de conquêtes

et d'annexions qui subjugua tant de nations diverses et les réunie en un immense troupeau militaire.

Sous cette formidable poussée, presque tout le monde connu 'finit par entrer dans les limites de l'empire des Perses et des Mèdes : la Mésopotamie et l'Arménie, l'Asie Mineure, la Syrie, même l'Egypte, la Gyrénaïque jusqu'au jardin des Hespérides, le pays des Scythes jusqu'aux steppes du Nord et aux montagnes glacées de l'Immaiis, enfin les régions nord-occidentales de l'Inde, qu'Alexandre le Macédonien revendiqua plus tard comme successeur des Akhéménides : de l'est à l'ouest, le territoire soumis aux rois perses s'étendit sur un espace de quatre à cinq mille kilomètres en distance linéaire.

A cette grande époque, la Perse était ce que l'empire romain fut sept ou huit cents ans plus tard. Le rêve de la monarchie universelle n'avait jamais été si près de sa réalisation. Et non seulement la Perse l'emportait par retendue de ses domaines, elle était aussi au premier rang par la grande culture intellectuelle, le mouvement philosophique et la tolérance des idées. Mais le danger était grand pour le chef d'un pareil empire : à la mort de Cyrus, l'Iran semblait embrasser le monde entier et le souverain de la contrée était placé si haut dans sa toute-puissance que « l'ivresse du trop plein, du trop lourd égarant sa raison » en fit ce que nous décrit l'histoire, un KaoUs, un Kambyse 1 .

Le centre de gravité de l'immense empire allait se déplacer de nouveau sous l'influence des événements. D'abord les Perses, jadis peu soucieux d'avoir une capitale, vu l'organisation féodale de leurs principautés, donnèrent le premier rang à une cité de leur territoire lorsqu'ils furent devenus le peuple dominateur, et Persepolis, située au centre de la Perse proprement dite, s'éleva au-dessus de toutes les villes par sa majesté ; cependant les sièges ordinaires de l'empire furent Ecbatane, comme résidence d'été, et, comme résidence d'hiver, une Suse nouvelle, reconstruite sur les ruines de l'ancienne. Ces deux villes possédaient l'avantage de se trouver non loin des points d'attaque du monde occidental que les Iraniens avaient à combattre. De ces lieux d'avant-poste, les rois des rois, prêts à diriger leurs armes sur l'un ou l'autre des points menacés, surveillaient les peuples de la Méso-

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