‹ L'Homme et la Terre, 1905, tome 1Chapitre 310 sur 338 · Fr. Kaulen, Assyrien und Babylonien, p · texte numérisé non relu

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quelles ils avaient gravé les étoiles par groupes et constellations, écrivant ainsi sur le ciel en caractères qui leur paraissaient immuables 1 . Les Chaldéens avaient inventé les signes du zodiaque; et l'identité de formes, l'analogie des symboles qui se révèlent sans contestation possible dans tous les zodiaques des autres contrées, de l'Egypte et des pays européens aussi bien que de l'Inde, du Cambodge et de la Chine, prouvent que les observations astronomiques faites par les savants de la Chaldée constituent l'élément primitif de tous les cercles zodiacaux existant dans l'Ancien Monde. L'étude de ces documents établit aussi qu'à l'époque où furent construits les premiers zodiaques, le soleil se trouvait dans le signe du Taureau à l'équinoxe du printemps, puisque la constellation de ce nom occupait le premier rang. Or il y a 61 siècles que le soleil entra dans ce signe et ko siècles qu'il passa dans le signe suivant : on en conclut naturellement que la ceinture symbolique avait été imaginée dans son ensemble par les Chaldéens au moins quatre mille ans avant nous : pareil travail suppose en outre que de longues périodes de préparation scientifique ont dû le précéder 2 .

Les recherches de cette valeur demandaient un personnel considérable : aussi chaque cité avait-elle son observatoire et publiait-elle ses éphémérides, comme le font de nos jours les grands établissements scientifiques. Sans doute, les combinaisons d'astrologie pour la prédiction du bon ou du mauvais sort finirent-elles par entrer pour une forte part dans la besogne t des observateurs, mais la science proprement dite en retirait aussi des éléments de progrès : les problèmes de géométrie trouvaient leur solution et les praticiens se hasardaient à la construction de cartes et de plans, documents vénérables dont les débris se trouvent encore dans nos musées. Pourvue de ces énormes acquisitions scientifiques, la Chaldée, semble-t-il, aurait dû conserver le privilège de fournir à l'histoire la date initiale pour la mesure des âges de l'humanité. Une de ces ères, celle de Nabonassar, d'après laquelle l'année vulgaire 1901 porterait le numéro d'ordre 2648, est du moins toujours mentionnée dans les calendriers usuels.

Les habitants de la Potamie réglaient les coupures de leur temps par douze et par sept, ainsi qu'en témoignent les mois et les semaines, mais ils connaissaient aussi la division par dix et c'est à eux, non aux Arabes,

1. Hommel, Aufssetze und Abhandlungen. — 2. Adhémar Leclère, Revue Scientifique, 16. X, 1897, p. 481.

ZODIAQUE, SYSTEME DECIMAL

■qui furent de simples vulgarisateurs, qu'il faut faire remonter le système décimal ». Un abaque décimal conservé par un érudit de la Renaissance, Valeriano Bolsani, dans son livre De sacris Mgyptiorum litteris, ne comporte que des signes en tout point semblables aux caractères cunéiformes des inscriptions ninivites et babyloniennes : il faut donc v voir un véritable monument chaldéen, et l'on peut se demander si la tablette carrée qui repose sur les genoux de la statue du roi Gudea, tenant dans ses mains une règle et un compas, ne représente point cet antique abaque à numération décimale, qui est le plus précieux héritage de science légué par les anciens 1 ?

•Quant au signe de la virgule, encore utilisé dans notre système de numération, c'est un caractère purement cunéiforme non modifié.

Les heureuses conditions de milieu, sol, •climat, eaux courantes, mer navigable, vents réguliers, qui donnèrent aux pays des Fleuves 'tant d'avantages de toutes sortes, entr'autres la poussée de l'esprit scientifique, firent aussi

OBELISQUE

DU ROI MANICHTUSU

Titre de propriété datant de 57 siècles.

(Musée du Louvre.

de la Babylonie le marché central des nations pour une étendue

1. R. Astier, Congrès des Sociétés savantes, Toulouse, 1899 ; Revue scientifique, •12 avril 1899, pp. 501, 5CT2.

très considérable de l'Ancien Monde. INous voyons par le code

de Hammurabi que le commerce était aux mains de riches capitalistes ou banquiers qui, tout comme de nos jours, dirigeaient de haut leurs opérations, et en laissaient le détail à la discrétion d'agents. Lescommerçants venaient de fort loin, de contrées qu'on ne pouvait atteindre qu'après des mois ou desannées de voyage, et telle transaction ne se parachevait dans son ensemble qu'après un va-et-vient entre les deux pays, d'origine et" de consommation. Le régime de l'échange devait donc se développer au milieu de ces hommes de toule langue et de toute race, en offrant, des garanties certaines au point de vue juridique. Toutes les institutions de droit que nos sociétés moderness'imaginent volontiers être de leur invention étaient déjà connues des Chaldéens. Ils dressaient des contrats de société et de mariages, ils pratiquaient les hypothèques et les cautionnements, utilisaient les métaux comme moyen d'échange, et savaient leur substituer un mandat de paiement, très souvent plus lourd, mais beaucoup moins susceptible d'être volé ou pillé dans les transports et voyages, la siparte ou mission, galette d'argile sur laquelle on inscrivait au style l'ordre de payer et que Ion faisait ensuite durcir au four- Tous ces moyens d'échange se trouvaient singulièrement facilités par la grande découverte, celle de récriture, la matérialisation directe-

(Musée du Louvre).

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