‹ L'Homme et la Terre, 1905, tome 1Chapitre 314 sur 338 · POT AMIE · texte numérisé non relu

POT AMIE

garantie en nombre de cas; son trousseau, lors du mariage, était le prix auquel elle renonçait à la succession paternelle 1 . Enfin, la théologie était absente du recueil d'Hammurabi, bien différent en cela des prescriptions judaïques édictées quelques centaines d'années plus tard et qui en grande partie s'inspiraient nettement des lois babyloniennes 2 . Pour des contraventions commerciales, ce code chaldéen punissait le patron deux fois plus que le commis ; en cas de coups et blessures, l'indemnité à payer à l'artisan était plus élevée que celle que la loi accordait au noble. Le rôle du médecin y était prévu, ceux de l'architecte, du batelier et aussi celai de la « prêtresse non cloîtrée ».

Ces lois, qui certainement existaient en tant que coutumes

avant d'avoir été promulguées, Supposent une nombreuse population sédentaire . pour laquelle l'écriture était d'usage courant, chez qui l'art de bâtir et la navigation jouaient un cachet cylindrique rôle très important,

dont l'agriculture, enfin, était basée sur un large système d'irrigation bien organisé.

En ces contrées de terres fécondes, si heureusement disposées comme lieux de rencontre et d'échange entre les peuples, l'ère des très grands empires avait déjà commencé lors des origines connues de la protohistoire.

Une inscription d'un lemple de Nippur, à laquelle les savants américains qui étudient ces ruines attribuent 80 ou même 90 siècles, nous dit que « Millel, le roi de l'univers, avait investi Lugal du gouvernement de la terre... depuis le lever du soleil jusqu'à son coucher, du golfe Persique à la mer supérieure, dans laquelle le globe de feu descend pour son repos ». En pleine mer, l'île de Cypre était

1. Dareste, Journal des Savants. — 2. Chilperic Edwards, The Hammurabi Code and the Sinaitic Législation.

VILLES DE CHALDEE

devenue province de cet immense empire où Lugal avait « puissance sur toutes choses pour faire vivre tous les peuples en paix »\

De la plaine méridionale où s'élevaient, voisines les unes des autres, les puissantes citées de Nippur, Ur, Erekh, Eridu, Sippar, ayant chacune son dieu ou sa déesse 2 qui, à l'instar des rois, prétendait demeurer indépendant de tous les dieux voisins, le centre de culture remonta peu à peu vers le nord et trouva son point le plus stable à l'endroit r où les deux fleuves rapprochent leurs cours et entremêlent leurs canaux.

C'est là que se dressa Babel, qui, de toutes les grandes cités du *m onde, garda le plus longtemps la domination politique sur de vastes empires.

Cependant, durant les nombreuses générations qui se succédèrent sous le pouvoir des souverains de Babylone, la puissante métropole eut certainement à subir de grandes vicissitudes par suite des guerres et des révoltes, puisque vers l'époque où naquit l'empire d'Assur, il y a plus de trente-six siècles, le pins fier monument de Babel, la fameuse tour à étages de Borsippa, désignée par la tradition sous le nom de « Tour des Langues », n'était déjà plus qu'une ruine.

C'est ainsi que s'exprime à cet égard un hymne en langue akkadienne, traduit par Lenormaht : « Le temple des Sept Lumières a été construit par le roi le plus antique, mais il n'en avait pas élevé le faite... Les pluies et les tempêtes avaient fait éclater la construction en adobes, les revêtements en briques s'étaient fendus, les massifs s'étaient écroulés en collines . Encore plus détériorée était la pyramide

1. National Society of Geography, 1897, p. 172. — 2. P. Jensen, Assyrisch-Babylonische Mythen und Epen, p. 29C ; — A. Loisy, Les Mythes babyloniens, p. 3.

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