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Ceara, région à dépeu

plement intermittent pour cause de sécheresse.

Les hauts plateaux et les montagnes élevées de l'Asie, de l'Altaï à l'Himalaya, restent inhabités à cause du froid. Les steppes des Kirghiz, aux alentours du lac Balkhach, peuplées jadis et se repeuplant aujourd'hui, avaient été dévastées par les guerres. La sylve explique la faible densité des populations de l'Amazonie.

quième ou à moins encore, les conditions deviennent défavorables h l'existence. D'ailleurs, les contrées qui manquent, à l'ordinaire, de la quantité suffisante de vapeur sont aussi privées d'eau dans le sol : ce sont des espaces presque dépourvus de végétation, sans animaux et, par conséquent, sans hommes.

C'est à cause de la sécheresse de l'air et de la terre que, de la Mongolie à FAdrar, s'étend un immense croissant de régions sans

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habitants ou presque désertes, comprenant le Gobi, la Kachgarie, le désert de Kirman, l'Arabie, le Sahara ; même le Cearà, dans le territoire du Nouveau Monde, se trouve parfois englobé dans le domaine de l'atmosphère trop sèche, malgré le voisinage de l'Atlantique, et les habitants sont obligés d'émigrer temporairement vers l'Amazonie. Dans l'espace d'environ douze millions de kilomètres carrés que comprend la zone déserte de l'Ancien Monde avec les oasis intermédiaires, la population atteint seulement un million d'individus, cent vingt fois moins que la moyenne des continents.

Les Innuit, que nous avons pris pour type des populations soumises à l'action du climat le plus âpre, ne sont certainement pas des « primitifs » au point de vue de la race, car, durant l'infini des siècles de croissance, les milieux ont continuellement changé ; mais, en comparaison des peuplades diverses de la zone tropicale, ces habitants du « Grand Nord » peuvent être considérés comme aborigènes, « issus du sol » pour ainsi dire. Au contraire, les groupes ethniques les plus isolés des régions torrides, les Touareg du Sahara, par exemple, ou les Nubiens, les Bedja, les Danakil ou les Somal, riverains du littoral ardent de la mer Rouge et de l'océan des Indes, sont des populations déjà très mélangées, qui, depuis de longs siècles, appartiennent au monde historique.

Par leurs aïeux, ils furent en relations fréquentes avec l'Inde, l'Egypte et la Phénicie, ils firent partie du domaine de la civilisation hymiarite; Méroé, sur le haut Nil, fut une de leurs capitales et un centre de grande culture; depuis au moins trente-six centaines d'années, ils connaissent le bronze et le fer, puisque, dans un temple de Thèbes, des peintures murales représentent des Punt ou Somal portant des armes semblables à celles dont ils se servent aujourd'hui. Après la naissance des religions modernes, les Bedja se convertirent au christianisme, puis au mahométisme ; les Danakil et les Somal sont même croisés d'Arabes et se disent avec confiance les compatriotes du prophète, aussi bien que les fidèles de son dieu ; quelques-uns prétendent appartenir à la famille même de Mahomet. Cependant ces peuples, qui ont été modifiés si diversement, peuvent, à l'égal des Eskimaux, se présenter comme des exemples typiques de l'action du climat.

On constate d'abord combien ces gens du littoral torride, qu'ils

SÉCHERESSE ET HUMIDITÉ

soient de race arabe, galla ou nigritienne, offrent entre eux de ressemblance physique dans la structure et la démarche. Bien différents des llyperboréens, gros et courts, aux figures joufflues, aux ventres proéminents, aux mouvements en roulis, ces fils du Soleil sont maigres et nerveux, souples, toujours bien découplés, d'une vitesse étonnante à la course. Ils ont les traits fermes et précis ; l'œil vif se dégage hardiment de la paupière, cl la chevelure, seule protection du crâne contre les rayons de l'eu, retombe en crinière sur les épaules.

Pour vêtement, Danakil et Somal n'ont que des blouses, ou simplement des draperies et des écharpes ; les cabanes où ils se retirent la nuit ne sont que des nattes de branchilles entrecroisées .

Ils n'ont point, comme les Esquimaux, à entretenir une flamme.

La nourriture de tous ces A fer ou « Errants »

est des plus simples, car la froidure ne les oblige point à pousser activement la combustion intérieure : un peu de millet, du lait, du beurre, la chair du mouton, celle du poisson s'ils vivent au bord de la mer; c'est tout. Le Bedja, le Dankali sont la sobriété même ; ils savent jeûner comme l'Innuit, mais leurs repas seraient un jeûne pour le mangeur de phoques. Volney, pesant la nourriture du Syrien, constata qu'elle ne dépasse pas six onces — 170 grammes — par jour, et, pour le Bedja, elle n'est certainement pas plus abondante.

Les Bédouins — nom que l'on donne à tous les nomades musul-

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