‹ L'Homme et la Terre, 1905, tome 1Chapitre 8 sur 338 · NEGRITOS ET PYGMÉES · texte numérisé non relu

NEGRITOS ET PYGMÉES

Comme de •• grands amis n, et les deux races s'entremêlent volontiers. Les femmes pygmées de l'Uganda sont heureuses dé s'attacher à des nègres de grande taille (Johnston).

Il est aussi très probable que les pygmées dont on retrouve les ossements mélangés à ceux des hommes de grandes races en quelques cavernes d'Europe et en tant de huacas péruviennes ont disparu par l'effet des croisements et furent absorbés graduellement dans la masse générale des populations ambiantes i : ils sont revenus à l'espèce.

Certains anatomistes qui étudient le squelette au point de vue du transformisme, c'està-dire comme un appareil façonné lentement, de génération en génération, par un travail d'accommodement au milieu et de perfectionnement, constatent par l'étude comparée des différents types que les races humaines actuelles ne paraissent pas être dérivées les unes des autres par une sorte de gradation hiérarchique, mais doivent être considérées plutôt comme des rameaux parallèles, remontant vraisemblablement à un ancêtre commun , d'origine antérieure même aux quadrumanes ; il faudrait voir peut-être dans ce type primitif un descendant des marsupiaux, issus eux-mêmes des monères par des ancêtres amphibies 2 .

Mais sachons nous borner. N'essayons „. ^™™™ humain

J Même échelle que le squelette

pas de remonter par la pensée jusqu'aux de & ori U« <*« la page 6.

époques si éloignées de nous où l'homme, issu de l'animalité primitive,

constitua l'espèce ou les. races humaines. Arrêtons-nous à la période où

nos ancêtres, accomplissant leur plus grande conquête, avaient appris

à moduler leurs cris, inarticulés jadis, et à transformer leurs grogne-

î. J. Kollmann, Globus, n° 21, 5 juin 1902 ; Frobenius, Geograpkische Kulturkunde, p. 22. — 2. Erast Hseckel, Anthropogenie, 5 e édition allemande, 2 e vol., p. 584.

ments et glapissements en un véritable langage. Eh bien, à -ce grand tournant de l'histoire, les nations étaient constituées en groupes absolument distincts, et les langues qui prirent corps se donnèrent des radicaux d'origines tout à fait diverses, suivant un génie propre pour la formation et l'accent des mots, pour la logique et le rythme de la phrase *.

Les dialectes aryens, sémitiques, ouraliens, berbères, bantou, algonquins sont mutuellement irréductibles : ce sont les parlers de peuplades qui, à l'époque où leur langue se délia, se trouvaient en des milieux tout à fait différents, constituaient en réalité des espèces ou des humanités à part. En datant de ces temps anciens l'histoire des hommes, on peut dire qu'elle commence par le polygénisme. Alors, les nations éparses sur la Terre ne pouvaient avoir aucune conscience de leur unité. Autant de groupes glossologiques, autant de mondes humains mutuellement étrangers 2 . Voici donc quel est, pour l'histoire de l'humanité, le point de départ certain dans la succession des temps : la naissance polygénique, en diverses parties de la Terre, de langages irréductibles correspondant à divers modes de sentiment et de pensée.

Combien de ces parlers naquirent ainsi, et quelle fut la durée du cycle pendant lequel les divers ancêtres des hommes actuels acquirent cette faculté capitale, condition première de l'être humain tel que nous le comprenons aujourd'hui ? On ne peut le savoir, et d'ailleurs il est certain que, dans la lutte pour l'existence, nombre de ces langues primitives ont disparu ; quant à celles qui persistent, l'inventaire n'en est pas encore terminé ; on n'a guère classé méthodiquement que les groupes de dialectes parlés par les nations principales. Il reste à étulier et à fixer avec précision la place de toutes les séries de formes verbales usitées par les diverses peuplades du monde entier. Cependant, on peut essayer de dresser des cartes glossologiques provisoires qui, tout en constatant l'état actuel de la polygénie linguistique, témoignent aussi des prodigieuses conquêtes accomplies par les langues envahissantes.

Par delà ces âges qui virent la naissance intellectuelle de l'homme véritable, l'être que l'usage de la parole devait faire progresser si merveilleusement n'était en réalité qu'un animal, ne se faisant comprendre que par des gestes, des jappements et des miaulements sem-

1. Renan, Histoire du Peuple d'Israël, I, p. 2 ; Hseckel, Anthropogenie, 2 e voL, p. 679. — 2. Faidherbe ; Hovelacque, Linguistique.

i l'homme et les langues 9

blables à ceux de nos amis le chien, et le chat, les candidats à l'humait 1. Répartition des Pygmées.

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ÉCHELLE AU CENTRE i: IÛOOOO000.

Negrltos d'Asie.

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