‹ L'Homme et la Terre, 1905, tome 2Chapitre 140 sur 364 · ARCHITECTURE EGYPTIENNE · texte numérisé non relu

ARCHITECTURE EGYPTIENNE

imitation. Il n'est pas admissible que les architectes égyptiens aient eu tout d'abord l'idée saugrenue de figurer une fleur pour supporter l'énorme poids de l'architrave et de toute la partie supérieure des édifices. Les changements graduels accomplis pendant un nombre illimité de siècles ont dû accoutumer peu à peu les bâtisseurs à l'idée bizarre, illogique, d'assimiler des colonnes, toujours si lourdement chargées, à des plantes se développant joyexisement dans l'air.

TEMPLE DE OMBOS (KUM-UMBU)

Un élément de la transition naturelle qui s'accomplit dans le style des colonnes et dans l'accoutumance du regard à sa forme finale est dû à ce fait que les Egyptiens enguirlandaient de fleurs aux jours de fêtes les colonnes de leurs temples 1 : or l'une des plus aimées était celle du lotus, symbole du soleil, car on répétait volontiers que l'astre et son image florale disparaissaient également chaque nuit, pour renaître au matin. Aux guirlandes naturelles succédèrent des peintures de fleurs faites sur des panneaux de bois

1. G. Perrot et Ch. Chipiez, Histoire de V Art dans V Antiquité. Tome I, p. 584; — G. Foucart, Histoire de VOrdre lotijorme.

ÊGÏPTE

et constituant une sorte de chapiteau. Puis, la nécessité esthétique poussant les architectes à relier le Fût de la colonne à l'entablement par des lignes agréables à l'œil, on apprit à tailler la masse

Cl. David (Jardiner.

TEMPLE DE FHILiE, VU DE L'ILE DE BIOEH

Ce temple est maiaienant partiellement noyé par le barrage d'Assuan.

cylindrique en forme de colonneltes fasciculées, se continuant chacune par un bouton de lotus. L'ensemble du pilier, jadis trop massif, se trouva donc, peut-être après des milliers d'années, changé en une gerbe de fleurs s'épanouissant au-dessous du lourd fardeau de la pierre. La

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