‹ L'Homme et la Terre, 1905, tome 2Chapitre 184 sur 364 · VESTIGES D ANCIENNES CIVILISATIONS · texte numérisé non relu

VESTIGES D ANCIENNES CIVILISATIONS

Dans cette île, la moderne Santorin, c'est au-dessous de cendres volcaniques que des débris de civilisation ont été découverts 1 . Il ressort de leur examen que les indigènes possédaient encore des instruments de pierre et connaissaient cependant l'usage du cuivre pur. Ils fabriquaient de grands vases fort grossiers en terre blanchâtre et se bâtissaient des maisons de laves, couvertes avec des poutres d'olivier sauvage. Peuple pastoral et agricole, ils savaient se faire aider du chien, employaient le lait de leurs troupeaux à préparer des fromages , et récoltaient l'orge , Fépeautre, le pois chiche. D'autre part, ils obtenaient par le commerce maritime quelques produits étrangers , entr'autres des vases d'argile 2 .

Après la formidable éruption qui

projeta en l'air le volcan de Thera, n'en laissant que les piliers en croissant, l'île se repeupla bientôt par des gens de même race que les premiers habitants, car les débris des couches postérieures à l'explosion sont identiques à ceux qu'on retrouve au-dessous. C'est au milieu de cette seconde population que s'établirent les Phéniciens, dont on retrouve quelques tombeaux.

A l'époque où la cendre incandescente se déposait sur les plus anciennes constructions connues élevées par des Grecs, la domination des mers helléniques appartenait aux insulaires de Crète, cette

1. Fouqué, Mission scientifique à Vile de Santorin. Archives des Missions, 2 e série, t. IV, 1867. — 2. Fr. Lenormant, La Légende de Cadmus, Les premières Civilisations, vol. II, pp. 344 et 345.

Cl. Monatsbefte, Berlin.

CNOSSE (KîTOSSOS), UW MAGASIN A AMPHORES

A terre, les ouvertures d'où on les a extraites.

longue île placée en travers de l'Archipel et si favorablement située pour servir d'entrepôt aux marchandises venues de l'Egypte et de la Syrie à destination du monde des îles et des péninsules grecques. . Aristote signalait déjà cette fonction naturelle d'intermédiaire revenant à la grande île. Les anciennes traditions s'accordent, en effet, à représenter les Cretois comme les « thalassocrates » par exellence. c'est-à-dire comme les « maîtres de la mer > , aux temps qui précédèrent l'histoire. Alors, les Gyclades étaient les « îles de Minos »,

le roi légendaire de la Crète, et » des colonies Cretoises s'étaient répandues sur les littoraux insulaires et continentaux des alentours, jusqu'en Palestine, où leur nom — Kreti — avait fini par devenir celui des populations du littoral méditerranéen .

Les récentes fouilles d' Evans ont démontré que, dès les premiers âges, il y a plus de cinq mille ans peut-être, les objets de l'industrie égyptienne avaient été importés dans la grande île. Le palais immense du labyrinthe de Minos, le monument le mieux conservé de la civilisation préhellénique, a été retrouvé, avec ses sculptures, ses peintures à fresque, ses inscriptions à caractères préphéniciens ; puis les palais de Phaestos et de Hagia Triada ont été dégagés du sol et ont fourni à leur tour de précieux documents. L'écriture Cretoise, alphabétique ou syllabaire, est tout a fait différente des hiéroglyphes égyptiens et des cunéiformes babyloniens, elle se rapprocherait plutôt du système de transcription cypriote; du reste ces deux écritures auraient pénétré dans le Péloponèse et dans la Grèce continentale aussi loin que la civilisation mycénienne 1 . Si la position de la grande île explique le rôle d'importance majeure

An

Cl. Monatshefte. Berlin,

CNOSSE (KNOSSOS)

Page 1