GRANDE EPOQUE. DE LA GRECE
corps ; la chevelure ne [se développait plus, également raide, en ondulations parallèles, mais flottait soulevée par l'air ; lés lèvres ne s'entr'ouvraïentphis en un sourire Mat, la vie animait les visages ; l'expression, toujours noble, rayonnait des traits et dés attitudes. Le Grec, comme artisteévocateur, était ■arrivé à la compréhension parfaite de sa propre nature, divinisée en Zeus et ■et en Athéné, et savait lui donner une forme définitive d'incorruptible beauté.
En même temps, la pensée se manifestait en une langue des plus riches et des plus sonores :
jamais littérature ne •se produisit avec plus d'abondance, de splendeur et d'éclat.
Eschyle avait été l'un des combattants ■de la grande guerre et Pindare l'avait cha n tée ; Sophocle adolescent menait le chœur qui se portait au-devant des vainqueurs de Salamine et, pendant la
génération qui suivit, Hérodote raconta la mémorable histoire. Et combien d'autres poètes, historiens et dramaturges, dans toutes les parties du monde grec, succédèrent à ces grands hommes en une merveilleuse lignée !
Toutefois la période de glorieuse hégémonie ne dura pas Long-
ci. Girandon..
SPHINX DES N\âXIEi5IS ET CHAPITEAU ICOTIQUE FOUILLES DE DELPHES, VI e SIÈCLE AV. «T. - C.
temps pour Athènes. Les dissensions intérieures, suspendues partiellement ù cause du commun danger, reprirent de nouveau quand les Perses ne furent plus à craindre.
D'ailleurs, les citoyens d'Athènes n'avaient plus rien à faire qu'à discuter et la plupart du temps à dis cuter à vide, à se disputer. En effet, les richesses produites par le commerce et par les cotisations des alliés, perçues sous forme d'impôts, affluaient en une telle abondance que fatalement la nation tout entière en devint parasite. Aristide, qui était alors l'homme le plus influent, conseilla aux Athéniens de s'ériger collectivement en assemblée dirigeante de la Grèce ionienne et de vivre aux frais de la confédération, IL invita les campagnards à venir habiter la ville où il y aurait de quoi les entretenir en tout bien-être,, ainsi que les soldats, les fonctionnaires, les employés de toute sorte.
Le peuple ne se laissa persuader que trop facilement, et, d'après ce que rapporte Aristote dans sa République adténieime, la majorité de la nation — plus de vingt mille citoyens, sans compter les esclaves — , vécut dû budget national. Ce parasitisme , pratiqué toujours par lés vainqueurs aux dépens des vaincus, mais qui n'arait Belle époque de la statuaire grecque. jamais pris ce caractère normal
et législatif, devait amener un très grand mécontentement chez les alliés, devenus tributaires et privés de leurs constitutions propres :
Musée du Xcuvie.
Cl. Girandon.