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GUERRES INTERIEURES

seuls, les insulaires de Lesbos, de Chios et de Samos, voisins de l'Asie et chargés de veiller en sentinelles contre les Perses, gardèrent leurs libertés locales.

On doit presque s'étonner qu'une nalion ainsi transformée en une immense assemblée de fonctionnaires et de politiciens ait eu assez de ressources morales en elle-même pour ne pas cornmellre plus de fautes à l'intérieur el plus d'attentals contre ses voisins; mais ses méfails suffircnl à faire éclater des révolutions el des guéries sur tous les points de la Grèce vassale. Certes, les Athéniens auraient eu raison mille fois d'oslraciser Aristide s'ils l'avaient fait, non pas par lassitude el désir du nouveau, mais pour \o punir d'avoir entraîné le peuple à échanger les efforts journaliers du gagne-pain pour les renies gratuites el Les vanités de la faconde

poli li que.

Un autre fait très grave consislait dans le développement de la grande indus trie, phénomène que l'on peut comparer à celui qui

s"est produit aux temps modernes dans le monde civilisé en des proportions beaucoup plus vastes. La fabrique avait pour conséquence un développement rapide de l'esclavage, non de cet esclavage de famille

Musée du Louvre.

Cl. Giiaudon.

APOLLOX SAUROCTOXE (TUEUR DE LÉZARDS)

Statue de Praxitèle.

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tel qu'il avait existé pendant la période spécialement agricole dé l'histoire grecque, mais d'un asservissement qui ne tient aucun compte des intérêts de l'individu et qui le subordonne entièrement aux convenances du patron. C'est par achat que les fabricants recrutent les hommes dont ils ont besoin et de grands marchés d'esclaves s'établissent aux lieux bien situés pour le commerce. L'île de Chios, disent les anciens, est la première communauté hellène qui se donna pour spécialité le trafic des hommes, et les villes qui en reçurent le plus, Corinthe, Athènes, Egine, Syracuse, furent également les grands centres industriels de l'époque. En vain quelques citoyens, telPériandre à Corinthe, essayèrent de s'opposer à l'importation des esclaves: contre eux, la ligue des intérêts industriels fut trop puissante 1 .

Bientôt, la lutte recommence entre Sparlc et FAllique, puis la peste, apportée par les navires de l'Egypte, décime les populations de la Grèce du nord. Les « mélaholies »,. ou transformations, qui se succèdent dans l'histoire intérieure d'Athènes 2 , guerres, révolutions et contre-révolutions, expéditions désastreuses, tyrannies et révoltes, exécutions et massacres, continuent de dévaster les territoires des cilés grecques, jusque dans l'Asie Mineure et en Sicile, tandis qu'au Nord grandit la monarchie de Macédoine, se préparant sournoisement à la conquête dés républiques affaiblies. Pourtant, de très nobles tentatives se faisaient dans l'intervalle en vue de la réconciliation finale des Hellènes par le maintien et même le rétablissement de toutes les républiques, petites el grandes, unies désormais en une vaste fédération. Ce fut la gloire des Béotiens, plus tard venus que les Athéniens et les Spartiates au plein épanouissement de leur génie, d'avoir tenté cette œuvre de justice à laquelle s'attache le nom d'Epaminondas. Par le respect de tous les peuples représentant le panhellénisme et par leurs campagnes heureuses dans le cœur du Péloponèse, ils restituèrent l'autonomie des Arcacliens et des Messéniens, si longtemps asservis. Mais la Grèce, appauvrie par tant de guerres, intestines, n'était plus de force à repousser une nouvelle invasion des peuples du Nord.

In siècle et demi après les guerres médiques, Philippe de Macédoine, que les Athéniens tenaient presque en mépris comme un roi barbare, mais qui était l'égal des Hellènes par l'intelligence, leur supérieur par

1. Ed. Meyer, Die Sklaverei im Altertum. — 2. Aristote, La République Athénienne, édit. Th. Reinach, chap. XVI, § 41.

ŒUVRE DES BEOTIENS

la tactique militaire, se sentit assez sûr de lui-même pour franchir le défilé des Tliermopyles : il s'aventura dans les plaines fatales à Darius et triompha, grâce à sa phalange solide, des troupes moins discipli-

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