DISPARITION DES HITTITES
Mineure. Au point de vue stratégique, nulle position n'était plus forte ; par conséquent, elle devait être attaquée avec fureur par les grandes
N° 106. Syrie, de l'Eu ph rate au Liban.
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puissances rivales. De là ces guerres sans merci qui laissèrent le pays si longtemps désolé. Il fallut des siècles avant que la Syrie septentrionale vît mûrir une nouvelle moisson d'hommes, destinée à de nouveaux massacres.
o4 L HOMîVIE ET LA TERRE. -— PHBNieiE , .
Au sud dès contrées qui furent l'empire des ÏÏétéens et qui plus tard virent fleurir Antioche, capitale de" l'empire des Séleueides, se succèdent, le long des montagnes bordières, des points vitaux où les mouvements historiques devaient se concentrer avec une intensité particulière. Ces points vitaux sont indiqués d'avance par les brèches qui s'ouvrent de distance en distance à travers les chaînes du littoral et qui servent de passage aux hommes, aux marchandises et à tout le flot de la civilisation entre l'Euphrate et la Méditerranée. De ces diverses portes de montagnes, les plus fréquentées, grâce à leur, facilité d'accès et à la fécondité naturelle des vallées et des terrasses environnantes, ont été de tout temps celles qui rattachent l'oasis de Damas à la côte de Tyr et de Sidon. Damas, connue dès Orientaux sous le nom d'Eçh-Gham, ou » Syrie », comme si elle concentrait en elle toute la vertu de la contrée, indique une place nécessaire, désignée nettement par la nature. Elle n'est pas, comme Karkemieh et tant d'autres cités, une ville sans lieu d'élection précis, et dont lès avantagés, au point de vue géographique, n'auraient été que faiblement modifiés par un déplacement considérable. Que le lieu de passage sur l'Euphrate eût été reporté à une journée de distance au nord ou au sud, les grands mouvements historiques entre l'Orient et l'Occident n'en eussent été changés en rien : il ne s'agissait que de trouver un point facile pour la traversée du courant fluvial. Au contraire, des les temps préhistoriques sans doute, Damas occupait déjà la plaine où se ramifient ses canaux, où fleurissent ses jardins, où se dressent ses tours. Ce n'est pas sans une sorte de raison que les indigènes disent de leur ville qu'elle est « la plus ancienne du monde » et la seule à laquelle Allah ait permis de garder sa part des jardins du paradis : ils ajoutent que là se trouvait la terre « vierge » d'où naquit le premier homme. Quoi qu'il en soit, la ville est connue depuis trente-huit siècles, car son nom fut déjà gravé à cette époque sur le pylône de Karnak.
Ces avantages locaux de Damas, qui lui assurèrent une importance de premier ordre, proviennent de la brèche qui s'ouvre immédiatement à l'ouest entre la chaîne du Hermon et celle de l' Anti-Liban : de cette ouverture s'élance la rivière Barada, l'ancienne Chrvsorrhoas ou « Coulée d'Or , qui, divisée en de nombreux canaux, verse en effet des richesses dans la campagne, assiégée au loin par le désert. C'est donc vers cette incomparable oasis que convergèrent toutes lès routes
ANTI0CHE et damas
de l'Euphrate moyen, qui décrit au nord-est, à 4oo kilomètres de distance, une longue courbe en arc de cercle. Quant aux privilèges d'ordre plus général assurés à Damas par sa position géographique,
N° 107. Syrie méridionale.
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Le territoire hachuré dans la vallée du Jourdain (Jordan) et autour du lac de Genezareth est situé plus bas que le niveau de la Méditerranée.
ils proviennent de la route naturelle ouverte par la Barada vers la Cœlo-Syrie ou « Syrie creuse » qui se développe en une longue vallée entre les deux arêtes de montagnes libaniennes. Par ce val à double versant, Damas pouvait communiquer à volonté, soit avec la
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Syrie du nord par le bassin de rOrontes, soit avec la Syrie méridionale et la Palestine par celui du Leontes, sans compter les seuils qui s'ouvrent directement à l'ouest, à travers la chaîne du Liban proprement dit, d'où, l'on descend à l'antique Sidon ou à telle autre cité phénicienne du littoral.
L'existence de ces voies de communication naturelles assura à l'oasis de Damas une influence commerciale et politique rayonnant au loin, et l'histoire nous raconte en effet que la ville, devenue aujourd'hui la capitale de la Syrie, eut de tout temps un rang considérable parmi les agglomérations urbaines de l'Asie antérieure. À diverses reprises, elle fut résidence royale et guerroya contre ses voisins, notamment contre les tribus d'Israël, mais elle n'eut jamais d'importance comparable à celle de Tyr ou de Babylone. Quoique l'égale de cette dernière cité par la fécondité de ses campagnes, toutefois bien moindre en étendue, elle ne pouvait se comparer ni avec la métropole de la Mésopotamie ni avec la grande ville commerçante de la côte phénicienne pour la situation centrale et prépondérante comme fpyer de commerce international.
Parallèlement aux chaînes de montagnes qui se profilent du nord au sud, se développe le littoral syrien, avec ses baies en hémicycle formées par les saillies de chaînons latéraux. Le rivage marin prend une régularité géométrique seulement au sud du mont Garmel : c'est à partir de cette borne dominant au loin la mer que se déploie en un arc de cercle parfait, sauf la légère échancrure de Jaffa, la longue plage aboutissant par son extrémité sud-occidentale aux alluvions du delta nilotique.
Cette côte, tracée comme au compas par les vagues de la mer en une courbe définitive et presque inaccessible aux navires avant que l'art eût amélioré ses rares escales, forme l'angle sud-oriental de la Méditerranée, rattachant ainsi le littoral d'Asie à celui du continent africain. Une sorte de 'discordance se manifeste en cet endroit dans les traits géographiques de la contrée; tandis que, dans la Syrie du Nord, les arêtes de montagnes, les dépressions intermédiaires parcourues par les fleuves et la côte de la mer sont disposées en lignes parallèles, ces traits divergent dans la Syrie du sud : d'un côté, la cassure dans laquelle coule le, Jourdain s'ouvre directement au sud vers la mer Morte et le golfe